‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 121 sur 153 · HENRI VL · texte numérisé non relu

HENRI VL

Il< PA&TIB. — TRAGEDIE.

Marguerite d* Anjou, conduite par Suffolk, arrive en Angleterre, le roi répouse, quoique ce mariage lui fasse perdre r Anjou et le Maine ; le duc de Glocester en témoigne son mécontentement , ainsi que Salisbury , Warwick et le duc d'York; d*un autre côté, le cardinal de Beaufort, toujours aigri contre Glocester, leur insinue qu'il ne condamne cette alliance que parce qu'elle le prive de Tespoir du trône auquel il aspire. En conséquence, il se ligue avec Suffolk, Sommerset, et Buckingham, pour le forcer à abdiquer le protectorat du royaume , tandis que le duc d'York fait cause commune avec Salisbury et Warwick, pour s*opposer aux projets ambitieux du cardinal, de Suffolk et de Sommerset. Mais le but du duc d'York est de fomenter des troubles pour s'ouvrir un chemin au trône; la reine, dirigée par Suffolk qu'elle aime, entre dans le complot des ennemis du protecteur. On Taccuse d'abord sans succès auprès du roi, mais l'on finit par le lui rendre suspect. Une magicienne, que la duchesse de Glocester consulte, est gagnée par les ennemis du duc. La duchesse est condamnée à faire amende honorable publiquement. Son mari accusé de toutes parts est dépossédé du protectorat, et livré à la garde de Suffolk, qui le fait étrangler secrètement. Henri, touché du sort de son oncle, exile le meurtrier, malgré les supplications de la reine. Le duc d* York , choisi pour marcher contre les Irlandais, profite de eette occasion pour faire valoir ses droits au trône, et met en avant un imposteur, sous le nom de Mortimer, afin de voir l'effet que ce nom pourra produire sur l'esprit des Anglais; ce faux Mortimer soidève la province de Kent , et porte la terreur jusque dans Londres. Le duc d'York lève alors l'étendard de la révofte , revient en Angle-

terre avec son armée , et gagne la bataille de St.-AttNiDS. La tecomde Partie de Henri VI embrasse l'espace de dix ans : elie commence au mariage de la reine^ en 1445 ^ et se termine à la bataille de St.-Albans, gagnée par la faction d* York ou de la Rose blanche, en li55.

Cette tragédie retrace les querelles des nobles pendant la minorité de Henri et la mort de Glocester, duc d'Humphrey. Le caractère du cardinal Beaufort est un des chefs-d'œuvre de l'auteur ; le récit de sa mort est d'une effrayante vérité :

cr Faîtes mon procès quand tous voudrez ; n'est-il pas mort » dans son lit? où devait-il mourir J Puis-je faire vivre les homï> mes, bon gré mal gré? Ohl ne me torturez pas davantage, je

» confesserai Quoi encore en vie? Montrez-moi donc où

» il est, je donnerai mille livres pour le voir..... Il n^a point » d*yeux, la poussière les a éteints. Rabaissez donc ses chè- » veux; voyez, ils sont hérissés et droits comme des rameaux » englués, dressés pour arrêter les ailes de mon Àmef Donnez- » moi quelque chose à boire , et dites à Tapothicaire d'apporter » le violent poison que je lui ai acheté. ï>

On admire aussi le discours de Glocester aux nobles sur la perte des provinces françaises , occasionnée par le mariage du roi avec Marguerite d* Anjou. Les prétentions et l'ambition croissante du duc d'York, père de Richard III, sont^core très-habilement développées. Parmi les épisodes , la tragi-comédie de Jack Gade et la découverte des impostures de Simcox sont fort amusantes.

Scènes dans lesquelles est peint le caractère de Gade, homme obscur, suscité par le duc d'York pour soulever T Angleterre, et qui a déjà révolutionné le comté de Kent.

SmUh. — a Voici le clerc de Ghatham; il sait écrire, lire et dresser un compte.

Cade. — Quelle horreur!

Smith. — Nous l'avons pris traçant des exemples pour les enfants.

Cade, — G'est un scélérat.

Smith. — Il a dans sa poche un livre écrit en lettres rouges.

Cade. — Oh I c'est alors un sorcier.

Dick. —Il fait aussi des contrats, et écrit par abréviation.

Me NOTICE

ûaêe, —l'en sais fàehé pour lui; c'est un homme qni a ' boÀne façon , sur mon honneur , et si Je ne le trouve pas coupable, il ne mourra pas... Approche iei, coquin; il fout que je t'examine. Comment te nommes-tu t Le Clerc. — Emmanuel.

HM. ^ C'est le nom que tous ces aristocrates ont coutume • d^écrire en tête de leurs lettres. ¥o(re alAiR*e Ta mal.

Code. *- Laisse^iboi l'interroger seul. ~ As-tu l'habituée d'écrire ton nom? Ou a9-tu une marque pour désigner ta si-

ga^turo 4 comme il oonvioat h m bwn^iQ tiommô qui y ra tout animent?

Le C(erç^ ^ |Ia]i«ieur» i*^ éi^ i 4i^u mwu M^sez bien éleyé

. pour wvair ^nv^ mon npm-

tnUtM.

C«44. -*r Qmmane^^o I j'ordonne wm lo pende aveo sa plume et Mm QQvnei nu eou, >

Lorsque Cade est e^tré daus tondre^ ;

— <x Allez brûler tous les registres du royaume, dit-il ; ma ' » bouche sera le parlement d^ Angleterre ; et désormais tout » sera en commun »

On Ini amène lord Aay,

Cade. — <i Te voilà dans le domaine de notre Juridiction souveraine. Apprends que Je suis le balai destiné à nettoyer la cour d'immondices telles que toi. Tu as traîtreusement corrompu la , jéunessa du royaume ôi érigeant um ée^ie de grammaire; et, - tandis que juaqn'i présent noi anoêtrtp n*arfticpt eu d'autrei livres que la mesure et la tailla, Q*«al toi qui es Qtuso qu'on s'est ççrvi 4q rimprim^ip: Contre }çs intérêts du roi , de. sa couronné et de sa dignité , tu as bâti un moulin à papier. II te sera prouvé en face que tu as autour d^ toi desihQmmes qui parlent . t^abituçU^m^Ut de ppm^i dS^i^^^^ et autres mots abominables que ne peut supporter une oreille chrétienne. Tu as établi des juges de paix pour citer devait eux les pauvres gëps pour dçs cbQ^QS dont ils ne SQQt pas eu état de répondre. De plu$> tu les as fait mettre en prispuj çt pe^rce qu'ils ne ^ay^ient pas lire, tu les as fait pçndre, Dick* — Comment! est-ce que tu trembles?

SUR HENRI VI.i-.HIe PARTIE. «HT

Lord Say. -*- Non ; c*68i k ptralyiîe et wm U ^e«r qui «le fait treaibier*

(Ceci nous raH[>p^k la réponse de B«iUr, naîr« d^ Pàrln «il }>ied de Téchafoud : — « Tu tranbles» BaiUy; tu aB pewT — Mon ami, c'est de froid, et non de peur I » )

C^de* «— Voyez , il remiie la tête coHime B*il bous dîwit : J& vons le revaudrai. Je veux Toir ai elle aéra plop ferae aur un pieu, »

Lord 9hf M déHsnd avec chalettr et confît^, tet Cade dit alors :

— « ïe sens que ses paroles me touchent le cœur : mais j'y » mettrai ordre. Il mourra, no fut-ce que pour avoir si bien s> plaidé pour sa vie. Emmenez-le. »

En liiant cette scène et quelquei autres de ce drame» on serait tenté de répéter avec madame de Staèi : « Quel est celui qui a vécu dans les tempft de révolutions) et qui ti*ait pas benti la vérité de ces paroles 1 »

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