SUR PEINES D'AMOUR PERDUES. C
^of tenl."^Je lejsaural bien, monsieur, quand je l'aurai &it. n
Byron, rêvant à son amour qui l'inquiète et l'embarrasse à cause du vœu qu'il a fait , dit : « Je m*en moquerais comm e d'une épingle, si les trois autres partageaient ma folie. »
Rosaliae, imposant à Byron robligatton de visiter les hdpi** taux pendant soe année d^ retraite, dit :
» C'est là le vrai moyen de réprimer un esprit railleur dont » les écarts sont le fruit d'applaudissements indiscrets, que des D auditeurs à tête vide et rieurs donnent à ses folies. Le succès » d'un bon mot dépend de Toreille qui Tcntend , et jamais de B la langue qui le dit. Ainsi donc, si les oreilles des malades, as- )) sourdies par les clameurs que leur arrachent leurs tourments, )) veulent se prêter à entendre vos vaines railleries, alors conti- » nuez sur ce ton, et je consens à vous accepter avec ce défaut; JD mais, si elles ne veulent pas les entendre, défaites-vous de ce » genre d'esprit, et je vous retrouverai corrigé et joyeux de » votre réforme. »
On a souvent cité le passage suivant :
» Allons, ma Catherine, allons nous présenter chez ton » père, même dans ces pauvres et modestes habillements. Nos » bourses sont garnies , si notre toilette est médiocre ; car » c'est rame qui fait que le corps est riche. Comme le soleil » perce à travers le nuage le plus épais, de môme l'homme » peut briller à travers Thabit le plus simple. Est-ce que le » geai est plus beau que l'alouette , parce que ses couleurs » sont plus vives? la vipère vaut-elle mieux que l'anguille, » parce que sa peau tachetée flatte les yeux? Non, Catherine; » ce pauvre équipage, ces vêtements modestes, ne vous font & aucun tort. »
Ce portrait de la princesse de France est dû à M. Hippolyte Lucas :
i( Véritable fille de France en effet, spirituelle et coquette I elle vient au nom de son noble père redemander au roi de Navarre une province entière , l'Aquitaine, fleuron détacJié de la couronne de France. Et «avez-^vous quelle armée amène avec elle la jeune ambassadrice? — < sea filles d'honneur,la vive
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Rosaline, la tendre Marie, la térieuse Catherine» toutes aussi jolies , aussi gracieuses qu'elle 1
D N'est-ce pas là une diplomatie charmante I mais qu'arrivet-il I Gomme si le roi de Navarre eût prévu de telles séductions, il s'est retiré avec les seigneurs de sa cour dans une retraite austère où nulle femme ne doit pénétrer. L*amour de l'étude s'est emparé du prince; il veut connaître ce qui se passe dans les cieux; aussi redoute-t-il les yeux des belles dames qui ne manqueraient pas de faire un tort considérable à rastronomie!
x> Cependant on ne peut pas laisser une noble damoiselle de France » la fille d'un puissant roi , s'en aller comme elle est venue ; il faut bien l'écouter. Par un raisonnement tout sophistique , le roi de Navarre propose à sa cour de recevoir la princesse de France , non dans son palais , puisqu'il a juré qu'aucune femme n'y entrerait , mais à quelque distance , sous une tente magnifique qu'on lui fera préparer. La cour, composée de jeunes seigneurs galants, approuve beaucoup la résolution de son roi; elle admire ce subterfuge adroit. Quelle sagesse digne de SalomonI
» Prenez garde à vous, messieurs, philosophes d'un jour, qui des merveilles de la nature ne voulez pas admirer la plus belle, craignez la faiblesse humaine? Le démon de l'inconstance rôde autour de vous. La princesse de France est femme à venger son sexe, croyez-moi. J'ai bien peur que votre orgueil ne s'humilie , que votre cœur n'éprouve des honteuses défaites. Les sources de la science ne sont pas si glacées qu'un rayon de l'amour ne puisse les faire fondre. Le soleil va briller. Byron , Longueville, Dumaine, et vous-même, roi de Navarre, vous tous qui sentez couler dans vos veines un sang ardent et vif, (T l'esprit de la jeunesse et de la vie, d comme dit Shakspeare, n'avez-vous pas prononcé des serments téméraires ?
i> La princesse de France s'inquiète peu de vos vœux ; elle songe à sa toilette ; voyez comme elle est habile 1 Qui pourrait résister à sa fraise évasée , à ses cheveux relevés en chignon , à ce délicieux marabout attaché par un nœud de perles sur le haut de la tète et si capricieusement penché sur la plus fine oreille..»., et surtout au demi-sourire de ses lèvres en cœur? qui le pourrait?
» La victoire a été gagnée presque au premier coup d'œil. Elle tient déjà à la main les cadeaux du roi de Navarre,