‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 142 sur 153 · TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN · texte numérisé non relu

TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN

oc LE SUCCÈS JUSTIFIE TOUT.

COMÉDIE

Bertrand, comte de Roussillon, se dispose à partir pour la cour do roi 4e France ; ce départ fait couler les larmes de sa mère et celles de la jeune Hélène, fille d'un médecin distingué, qui, en mourant, l'a confiée à la comtesse^ Mais les larmes d'Hélène ont une autre cause; ce sept celles du violent amour qu'elle éprouve pour Bertrand, et qu'elle cache soigneusement dans son sein. Pendant ce temps, le roi est atteint d'une maladie mortelle qui résiste à tous les efforts de Tart. De son côté.

668 i^OTICE

Hélène, en proie k son désespoir, voit son secret dévoilé à la comtesse par son intendant. Celle-ci, loin de s*en offenser, lui demande quel est son espoir. Hélène répond qu'elle a desseie d'aller trouver le roi, et de le guérir à l'aide de quelques remèdes infaillibles , dont son père lui a laissé le secret poar tout héritage.

L'indulgente et compatissante comtesse apprcave non-seulement ce projet, mais elle Tencourage de son argent et de ses recommandations. Hélène part ; elle est présentée au monarque par un vieux courtisan nommé Lafeu, qui lui annonce que cette jeune fille vient pour le guérir. Le roi, après avoir questionné longtemps cet Esculape en jupons, consent à prendre le médicament qu'elle lui présente, mais sous la condition que la mort d'Hélène sera le prix de sa témérité si ce breuvage ne produit pas sa guérison; dans le cas contraire, le roi s'engage à lui donner pour époux celui des jeunes seigneurs de sa cour qu'elle choisira. Hélène accepte ces propositions : le roi est guéri, et Bertrand désigné par Hélène. L'orgueil de celui-ci se révolte en songeant à un mariage si disproportionné; mais le roi commande, il faut obéir. Bientôt après, il part pour Florence, eu faisant savoir à sa femme qu'il ne la reconnattra.jamais comme telle, à moins qu'elle ne parvienne à posséder la bague qu'il porte à son doigt, et à lui donner un fils. Tout entière â son amour, et ne voyant rien d'impossible pour le satisfaire, Hélène part, se déguise, et arrive à Florence, où elle apprend que le comte est passionnément amoureux de la fille d'une veuve, qu'elle vient àbout de gagner par son or et ses larmes. Trompe par Tune et par l'autre, le comte passe la nuit avec Hélène, et lui donné sa bague , croyant en gratifier sa maîtresse. Ven de temps après, il revient en France, où elle le suit, lui présente cette môme bague, et l'instruit de tout le mystère. Touché de tant de persévérance et d'amour, le comte l'embrasse et la reconnaît pour son épouse.

L'intrigue de cette pièce est tirée de la riche mine aiiecdotique de Boccace {Dec. 3), Ce choix a été si heureux qu'il y a peu d'années qu'il a été reproduit avec succès sur la scène française (théâtre des Nouveautés) sous le nom de QilMU de Narbmne.

Dans ce drame, le poète ne s'est guère écarté de l'origio*'' si ce n'est pour rendre l'intrigue plus compliquée et se mena-

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