‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 35 sur 153 · Scène I. JULES CËSAtt · texte numérisé non relu

Scène I. JULES CËSAtt

les terribles dissensions civiles vont opprimer l'Italie entière ; le sang, la destruction seront des choses si communes^ les sujets d'horreur deviendront si familiers, que les mères ne feront plus que sourire à la vue de leurs enfants déchirés par des mains armées. Toute pitié sera étouffée par l'habitude des actions atroces; et Fombre de César, accompagnée d'A té, sortie brûlante de l'enfer, errant avide de vengeance , criera d'une voix souveraine dans l'intérieur de nos frontières : Carnage! et lâchera les chiens de la guerre (47)> de telle sorte que l'odeur de cet acte exécrable s'élèvera avec les fétides exhalaisons des cadavres gémissant après la sépulture.

Un Sbrvitsur entre.

Vous servez Octave César, n'est-il pas vrai?

Le »erv. — Je le sers, Marc Antoine.

Anî. —César lui a écrit de se rendre à Rome.

Le ««•«.—H a reçu les lettres de César; il est en chemin, et m'a ordonné devons dire de vive voix..... (Apercevant le Corps de César.) 0 César I

Ànt. — Ton cœur est gros. Retire-toi à Técart, et pleure : ta douleur est contagieuse; et mes yeux, en voyant ces larmes rouler dans les tiens, commencent à se mouiller. — Ton maître vient-il î

Le serv. — H couche cette nuit à sept lieues de Rome.

Ant. — Retourne sur tes pas en toute hâte , et raconte-lui ce qui est arrivé. Il n'y a plus ici qu'une Rome en deuil , qu'une Rome dangereuse ; Rome n'offre point encore de sûreté pour Octave (48) : hâte-toi de lui donner cet avis.-— Non; demeure encore. Tu ne retourneras point , que je n'aie porté ce corps sur la place publique. Là , j'essayerai de sonder, dans ma harangue au peuple, comment il prend l'acte cruel de ces hommes de sang; et, selon l'événement, tu rendras compte à Octave de l'état des choses. -^Préte-moi la main.

[Ils sortent, emportant le Corps de César.)

242 JOLIUS GB8AR. AfiT UI.

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