‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 56 sur 153 · JAY · texte numérisé non relu

JAY

De V Académie française.

FIN DE JULEâ CÉSAR.

(i) P. 168. Bad soals, mauvaises âmes, dans les anciennes éditions. Ces jeux de mots sont intraduisibles. Dans une note fort ingénieuse , M. Guizot dit que, dans Vargot du cordonnier fran^is , le mot âme s'applique à une partie de la boUe, et qu*il a pu rendre le jeu de mots avec une fidélité qui ne se rencontre pas toujours, ,.^ . .

(2) P. 165. Be not oui wiih me:jret, ifyou be out. Autre calembourg. Ces mots veulent dire ou être de mauvaise humeur^ ou avoir un vêtement déchiré.

(3) P. 165. / meddle with no tradesman's matters, but wîth awl, — ffiihawl ou withal, néanmoins , se prononce comme with awl, avec une alêne.

(4) p. 165. When thejr are in great danger, I re^couer them. — Becover veut dire également recouvrir, guérir, ou recouvrer.

(5) P. 165. Handy-work, Adresse, habileté.

(6) P. 165. Après la victoire remportée en Espagne sur les fils de Pompée, Rome voyait pour la première fois le triomphe d'un Romain sur des- Romains ; ce qui commença à indisposer fortement les esprits contre César. Shakspeare a placé ce triomphe à la veille des ides de mars , le jour de la fête desLupercales, où Antoine of&itla couronne à César. Mais cette fête se célébrait vers le milieu de février; et ce ne fut que plus d'un an après ce triomphe qu'Antoine essaya de faire proclamer roi le dictateur.

(7) P. 167. Cest après que la couronne eut été offerte à César que Flavius et MaruUus enlevèrent des diadèmes, et non les oniem^ts de triomphe, à des statues de César.

Ce personnage n'était pas Decius, mais Décimas BruMu* lie poète anglais , comme Ta fait Yoltaire depuis , confond Marcua et Decimusm

310 JULES CESAR

Decimus était de tous les amis de César celui qu'il chérissait le plus,tandi que Marcus refusait de partager des faveurs et des honneurs que les autres avaient constamment acceptes.

(8) P. 167. P aix y messieurs* (Vôltmr^.) Le mol mes sieurs y qu'il attribue ici à César, n'a au(%n équivalent dans roriginal. Voltaire traduit aussi constamment le mot mylord |>ar milordj qui n'en est point la traduction. Mylord n'est qu'une application particulière que les Anglais font du mot lord à la dignité de pair, et qui n'affecte en rien la signification générale de ce mot , consacré en anglais à exprimer toutes les sortes de dominations et de dignités , en sorte qu'à moins qu'il ne s'applique à des pairs d'Angleterre, il doit être traduit comme tous les autres mots de la langue, par un équivalent français, ifiuizot.)

Plus loin, à la fin de la page 169, Voltaire a ((*aduit ainsi ce passage :

Tous vous êtes trompé ; quelques ennuis secrets, Des chagrins peu connus, ont changé mon visage ; Ils me regardent seul, et non pas m«$ amis. Non, n'imaginez point quç Brutus vous néglige ; Plaignez plulot Brutus en guerre avec lui-même. J'ai l'air indifférent , mais mon cœur ne Test pas.

Senneu Le Sennet est probablement tiré de Sennêste, ancien air militaire français. Cest peut-être une corruption de Sùnnata, terme italien. {Steeuens.)

P. 171. To stale witk ordinary oaths my love. Pour attacher tout nouveau faiseur de protestations à mon affection par le stale y ou l'amorce des serments ordinaires.

(9) P. 173. Set honour in one eye, anddeath Cthe other.

Eye signifie ici point de vue, et il est toujours employé dans ce sens en anglais. Voltaire le traduit par œiU et dit :

La gloire dans un ceiliOt le trépas dan» l'antre.

(10) P. 17$. Voltaire n'a pas compris le sens de ces vers. Voici comme il l^s a traduits :

Et cette même voix qui commande à la terre, Cette terrible voix (remarque bien, Brutus, Remarque, et que ces mots soient écrits dans tes livres).

(il) P. 17<5« iVmv is it Rome imdeed, and rocm ênougké Calembourg entre Rome et room^ place, qui ont tous deux la même prononciatioa.

(lâ) P. 177é Les yvxït du liiret ont la prunelle rouge. {Gmzôu)

(i 3) p. 179. C^ronetfààm l'original, exprime quelque those qui paraît à Gasca un peu différent d'une oearoaue. Voltaire l'a pris pour les coronets des pairesse$ d'Angleterre.

P. 181. Jl muh o/attyf oeeupati&n. Ai-je éié une BMidiUie^'uD des plébéiens À qui il a offert sa poitrine.

(i4) P* 161. And su hefelL II y a ici un double entendu.

Gela eut lieu plus tard , comme nous l'avons déjà fait remarquer. On' avait aussi reconnu et fait arrêter quelques-uns de ceux qu*Àntome avait aposté» pour applaudir quuad il présenta la couronne 4 César.

(i5) P. lâl, Yoluiie 4 £ait ioi UQ ockitre-'seiis, en traduisant : Ma foi! je ïïiê fimgfjê nepomrfii plm ^re voia ntgardét en face.

(i6) P. 183. Sfiake, ébranler.

Son joug est trop aifreux ; |on|eon8 à 1^ détruire, Ou songeons à quitter le jour que je respire.

(Traduction de Voltaire.) P. 185. Sway oj earth. Tout le poids de ce globe'. (17) P. 187. Thunder-stone, pierre de tonnerre. Shakspeare en parle encore ailleurs. Sleevens a traité de fable, et avec raison , l'existence de cette pierre. Yoici la traducUon de Voltaire :

Pour moi, dam cette nuit j'ai marché dans les rues. J'ai présenté mon oorpa à la foudra, aha édoirs» lia foudre et les éclairs ont épargné ma vie.

(18)' P. 487. 90ty oldmenfooh and childfen calculate. — Cb/euhrte si^fie ici prédire, propliétiser.

{19) P. 189. Traduction de Voltaire :

Oui, si Ton m'a dit vrai, demain les sénateurs Accordent à César ce tilre affreux de roi ; Et sur terre, et sur mer, il dçit porter le sceptre En tous lieux, tors de Rome, où déjà César règne.

(20) P. 189. Une comparaison s'offre entre ce passage et les nobles et généreux sentiments du j)oëte royaliste Lovelace, dont la loyale chanson a été longtemps redite par les cavaliers.

« Quand , semblable à la tinote , Je suis renfermé, je chante ' d'une voix plu» perçante la mansuétude , la douceur, là majesté et la gloire de mon roi. Quand je proclame de tonte ma force combien il est bon , combien il est grand , les larges vents qui roulent la mer ne sont pas asAsi libres ^ue moi. »

<c Des murs de pien^e ne font pas une prison, des barreaux de fer une cage ; un esprit innocent et tranquille compose de tout cela une soHtnde.

3i2 JULES GËSAR.

si je suis libre en mon amour, si dans mon àme je suis 'libre, les anges seuls, qui prennent leur essor dans les deux, jouissent d'une liberté sem< blable à la^mienne. »

P. i91. Befactious Jor redress* — FactUms veut dire actifs.

(21) P. 195, Remorse. 'Johnson et Warburton ont prétendu que remorse sigmfiait ici miséricorde, pitié, sensibilité. On n'en voit pas la raison.

(23} P. 195. Traduction de Voltaire.

* On sait assez quelle est l'ambition.

L'échelle des grandeurs, à ses yeux se présente ; Elle y monte en cachant son front aux spectateurs.

(aS) P. 197. That hy no means 1 may discover them By any mark offanHmr.

Le sens de yÎK'OEir est ici traii, maintien f mais Voltaire s'y est trompé; il a traduit :

Et nul à Lucius ne s'est fait reconnaître : Pas la moindre amitié.

(24) P' Idd* Voltaire s'est trompé , en traduisant :

Quels projets importants Les mènent dans ces lieux entre vous et la nuit ?

(25) P. 201. The face qfmen. Voltaire n'a pas traduit ces mots, que les commentateurs ont cherché à expliquer de différentes manières. Ce discours de Brutus est un des morceaux que Voltaire a te plus défigurés. Warburton veut lire fate of men ; mais ce changement, qui semble tiré par les cheveux, est une erreur. Fat face ofmen, le poëte veut dire le regard, l'estime du public, ou, en d'autres termes, l'honneur et la réputation.

(26) P. 203. Our course will seem too bloody, etc. Voici comment Voltaire traduit ce passage :

Cette course aux Romains paraîtra trop sanglante.

Dans une note ingénieuse , il ajoute que le mot course est peut-être une allusion à la course des Lupercales, et qu'il signifie aussi un service de plats. Il est très-extraordinaire qu'un homme si haut placé ait assez peu de connaissance de la langue qu'il traduit pour ne pouvoir distinguer si un mot, dans une phrase, signifie course, service de plats, ou manière de se conduire. Dans une pièce de vers, intitulée Guilhtume^ que l'on a attribuée à Voltaire , on trouve une bévue semblable. Polonius ordonne à sa fille de ne pas se fier aux promesses d'Hamlet, qui , étant héritier de la couronne , ne peut disposer de sa main comme un

pariicnlier. « Il ne doit pas , dit le vieux politique f choisir ( carfê ) pour lui-même , comme font les persomies vulgaires. * L'auteur français tra* duit ainsi : « H ne doit pas se couper les vùres^^f et il tourne autour des morceaux , conmie si le diner d'Hamlet et non son mariage était le sujet du débat. Le traducteur ne sait pas que le mot catve est souvent pris métaphoriquement en anglais lorsqu'on parle d'une personne qui fait sa part on son lot.' Nous disons : « L'amant se nourrit d'espérance, le guerrier a soif de gloire. » Serait-il beau de traduire que l'amant mange un ntor^ ceau d'espérance, et que le guerrier de'sire hoire un coup de gloire ? Si de pareilles traductions étaient pennises, les ouvrages de l'auteur le plus correct deviendraient ridicules.

(37) P. 205. Cérémonies, Voici comment Voltaire exprime son scep* tidsme:

Et l'on dinit qu'il craità la rdigioD. .

(a8) P. 205. En se plaçant devant un arbre, derrière lequel on se retire au moment où l'animal veut percer le chasseur de sa corne, qui, de cette manière, s'enfonce dans l'arbre, et laisse la licorne à la merci du chasseur. Spenser, en plusieurs endroits, fait allusion à cette fable. {Guizou)

(29) P. 205. Good gentlemen. — Mes hra^f es gentilshommes j Xradmt Voltaire, et il croit qu'il traduit fidèlement : Voltaire se trompe. Gentle^ men n'a pas d'équivalent en français ; presque dans aucun cas, on ne peut le traduire par le mot gentilhomme.

(30) P. 207. Traduction de VolUire :

Et je pris ce moment pour un moment d'humeur Que souvent les maris font senthr à leurs femmes.

Ce dernier vers n'est pas dans l'original, quoique Voltaire ait fait une note pour en faire remarquer le ridicule. Les deux vers suivants sont uu contre-sens :

Non, je ne puis, Brutus, ni vous laisser parler, Ni vous laisser manger, ni vous laisser dormir.

(3i) P. 209. Voltaire met ici une note sur Harloty pour nous assurer que le mot de l'original est une interprétation digne de l'auteur de la PuceUe. Si Voltaire avait compris le vers blanc anglais, il aurait su que cette substitution n'aurait pas fait la mesure.

(33) P. 209. Voyez dans la notice sur Jules César la belle imitation en vers que madame Tastu a faite de ce passage.

(33) P. 211 / wili construe to thee

Ml the charactery ofmy sadhrows.

3H JULES CtSAR.

Il est inutile de présenter aux lecteurs qui n'entendeot pas Tanglais les misérables bévues et le galimatias des traduetionii faites à coups de dictionnaire, Nous nous bornerons à présenter la suivante :

Le dictionnaire fut consulté pour le mot con$true ; et on peut supposer <iue, suivant sa manière ordinaire. Voltaire s'arrêterait à interpréter. Mais cela ne servant point son projet , il chercha au mot interpret, et il trouva, interprétera e^pliqu/er, Alors avec son infatigable industrie, excitée par le désir de surpasser tous les traducteurs et toutes les traductions, H eut recours au ng^ot to erplqifi » il y trouva » développer, rendre clair ; el le voilà qui éqkûrcit les traits d^ Brutui , et qui dit :

Va I mes sourcils froncés prennent un air plus doux.

Il y a tant de grosses bévues dans cet ouvrage qu'U serait ennuyeux de les indiquer. Mais il faut «apérer qu'ellea détourneront d'autres beaux esprits de la tentative de gâter les œuvres du génie par la batterie masquée d'une mauvaise traduction. Voltaire espère qu'avec sa traduction toute l'Europe pourra comparer les pensées , le style , et le jugement de Shakspeare , avec les pensées , le style et le jugement de Corneille.

Ces pensées auraient pu être rendues en quelque sorte , si le traducteur avait compris les mots par lesquels Shakspeare les exprimait.

P. 213. PThen Beggars die y there are no cornets seen.

Ces vers peuvent avoir été suggérés par ce que Suétone rapporte de Tétoile brillante qui parut sept jours de suite , pendant la célébration des jeux institués par Auguste en rhonnenr de Jules César. Le peuple crut que cette comète indiquait son apothéose ; et non-seulement on lui érigea des statues ornées conformément à cette opinion, mais on frappa encore des médailles, sur lesquelles il était ainsi représenté. Pline raconte qn'une comète parut avant la mort de Claude, et Geoffroi de Montmouth parle d'une autre, qui précéda celle d'Aurelius Ambrosius, Mais ces c6mètes auraient eu lieu quand bien même ces hommes ne seraient pas morts, et ceux-*ci n'auraient pas vécu plus longtemps quand même les comètes n'eussent pas paru.

P. 215. Plucking the entrtuU. Le dootdur Johnson remarque à cette occasion que les anciens ne plaçaient pas le courage dans le coeur ; il avait étrangement oublié aea auteurs classiques ;

JuyeaeSf/brtissima fhistra Pectora, Viroil», Mneidosy Ub. ii, v, 348.

Nunc animis opus, iEnea , nunc pectore Jlrmo.

In., ibid.j lib. vi, v. 261.

Teucnim mirantiir inertta corda.

Ti&oiL., Mneidos, lib. tx, y. 55.

Excute, diqsai^ Corde metum. ^

Ovi»., Metamorphoseorij 13). m, v. 689.

Corda patient comitum» mîhi men& interrita iiuu3«it.

Id., ibid.j lib. xv, v. 514.

C&r paPet adiiibnittt téttieratft angiime nociis.

Id., Epîst, xnr, v. 17.

Nescio quae pat^idum Crigora pectus habent.

lo., ii^/c/. xxKy y, 192.

i^or MTTM eyes Seeing thùêe heada ofsorrow stand in thine Began to water.

On trouve une expression semblable dans la Tempête, acte iv, scène i, quand Prospero dit :

Holjr Gonzalo, honaurable man.

Mine ejre§ even êociable to the shew ofifune

FaU/ellowfy' drops,

(34) P- 215. Voltaire fait de cette phrase un aparté qui n'est pas dans Foriginal.

(35) P. 217. For tînctures, stains, relies , and coffdzcaice. Ce pompeux discours est un peu confus. Il y a deux allusions ; Tune aux cottes armo. riales auxquelles les princes peuvent faire des additions ,' pour donner de nouvelles teintes, de nouvelles marques de reconnaissance ; Tautre aux martyrs dont les reliques sont conservées avec vénération. Malone et Steevens pensent que tinctures n*a pas de rapport à Tari héraldique , mais qu'il signifie seulement un mouchoir, ou autre linge teint de sang. t*on §ait qu'à l'exécution de plusieurs anciens nobles, martyrs, etc. ^ oh teignait de leur sang des mouchoirs, qu'on conservait comme souvenirs d'afîection ou gages de protection , de la part du décédé. Le sens caché de ces paroles, qui font allusion au meurtre projeté, paraît avoir échappé à Voltaire :

Par vouB, Kùso» vivifiée Reçoit un nouveau sang et de nouveaux destins,

(36) P. 219. Reason to ntf loue is liaMe. La raiscto est ici dans Hntérèt de mon affection.

(37) P. 219. Taste some winewith me. Voltaire traduit ; Buuons

316 JULES CÉSAR

houUîUe ensemble; et il met eo note : Toujours la plus grande fidili'té dans la traduction!

(38) P. 227. Cassius or César neuer skaU tum backl Voltaire traduit :

Cassius à César tournerait-il le dos ?

(Bg) P. 227. He is address^d^ il s'est présenté.

(4o) P. 227. Lorsque César fait tort, il a toujours raison.

(Traduction de Voltaire.)

(4i) P. 229. Unshak'd qfmotion^ inébranlable et immobile.

(4^) P. 229. Suétone rapporte comme un ouï-dire, auquel il n'ajoute même pas foi, que César dit en grec à Brutus, xat ou tixvov, et toi aussi monjils ! Les historiens ont depuis naturalisé ce mot en latin, et en ont fait le et tu Brute f mot devenu si populaire , que Shakspeare n'imagina probablement pas qu'il fàt permis seulement de le faire passer dans une autre langue. Il est assez singulier que Voltaire n'ait pas fiait mention de cette bizarrerie. (Guizot,)

(43) P. 231. Allez, qu'aucun Romain ne prenne ici l'audace

De soutenir ce meurtre, et de parler pour nous.

C'est un droit qui n'est dû qu'aux seuls vengeurs de Rome.

{JVviebwtion de Voltaire.)

(44) P* 235. fVho else is rank ; quel autre est suspect ?

I (45) P. 235. Our arms , in strength of malice» C'est-à-dire , nos

> épées (c'est Brutus qui parle) ont dirigé leurs pointes vers vous ; nos armes

fortes dans l'action de malice qu'elles ont justement exécutées , et nos \ cœurs, unis comme ceux de frères pendant l'action, sont cependant ouverts

I pour vous recevoir avec tous les égards possibles.

i ' (46) P. 237. O worldl thou wast iheforest to this hart.

And this, indeed, O world, the heartofthee. Hart, cerf, et heart, cœur, se prononcent de même ; et la phrase d'Antoine veut dire également : il était ton cœur ou ton centre, et, il était ; ton cerf»

(47) P. 241. Cry Hauocj and let slip the dogs qfwar;

i Hauocky dévastation, carnage. Dans les anciens temps, ce mot était, en

Angleterre, le cri ou l'ordre aux combattants de ne faire aucun quartier. Ze£ sUp. C'est un terme qui appartient à la chasse. Les slips étaient des liens de cuir qui servaient à retenir les lévriers jusqu'au moment où il était nécessaire de les lâcher. Par les mots dogs of war , comme

il M. ToUet l'a fait observer, Shakspeare a probablement voulu dire^eu,

: épées et famine,

(48) P. 241. No Rome ofstfety. Cest probablement une répétition du jeu de mots entre Rome et room , déjà employé par Cassius dans la première scène.

P. 253. fPhicK*^aU the while ran blood. L*iinage paraît èkr« que le sang de César jaillit sur la statue , et coula jusqu'en bas.

(49) P. 263. Bayd about, veut dire ici harcèlent, et non aboient, comme Vont rendu quelques traducteurs.

(50) P. 263. He is notdouhtetL Bratus se sert ici avec intention du mot doubud,

% (5i) P. 267. Ce fut après cette querelle, et non avant, que Brutus condamna judiciairement en public et nota d*infamie Ludus PeUa; ce qui déplut fort à Gassius. (Voyez Piutarçue, Vie de Brutus,)

P. 267. fThai villain tauch'd Jus bodjr. La question est loin de faire entendre qu'aucun de ceux qui frappèrent César fût un scélérat. C'est, au contraire, une manière indirecte d'assurer qu'il n'y avait parmi eux personne d'assez aveugle pour le poignarder pour tout autre motif que cehii de la justice.

(5a) P. 267. Bày not me. Voyez la notice sur Jules César, pour lat belle imitation que M. Barbier a faite eu vers français de cette queretta de Gassius et de Brutus.

P. 267. To hedge me in. C'est-à-dire, pour limiter mon autorité par. votre direction ou votre censure.

P. 267. To màke conditions. Cela signifie : pour savoir sur quels terme» il convient de conférer les places qui sont à ma disposition.

P. 271. / do not, tiUyou practise them on me. Cela veut dire : je» ne fais pas attention à vos fautes ; seulement je les vois , et j'en parle avec vâiémence , quand vous me forcez à les remarquer.

p. 271. îfthat ihou he*st a Roman, take itjbrth,y oicilesem de oette phrase : il est si loin de l'avarice , quand la cause de son pays exige de 1» . libéralité, que si l'on désirait obtenir quelque chose de lui, il n'aurait pa» > . besoin de se servir d'autre moyen que de montrer qu'il ^t Romain.

P. 273. Ihatfe seen moreyears, etc. Imitation de ce vers dllQinèr»:' ÂXXà mOtoO^* oj^fftùSk vlUTtpcd eorov 8|«eVo*

(53) P. 273. PThat should the wars do with thèse jiggingfiob} avec ces mauvais poètes. Vnj'igg du temps de notre ^uteqr. signifiai uXie^ composition en vers, aussi bien qu'une danse.

P. 273. Companion, Terme de reproche qui se trouve d«n» pliistellli' anciennes pièces, comme aujourd'hui nous oisons fellow* . .

(54) P« 275. My heart is thirstyfor that noble pledge* PledQs, coup de vin destiné à faire raison à celui qui boit à votre êamlé^ La formule usitée autrefois en français était : Je bois à vous$ à quoi le convive répondait : Je vous pleige dautant. (GuizoL)

(55) P. 277. Shakspeare a renfermé ici, dans une seule scèn^^-le-chAn^' gexnent que plusieurs années avaient opéré dans l'esprit de Brutus.. £Ue^ sert d'ailleurs à expliquer d'avance les raisons qui portent Brutus à ne

318 JULBS G£SAR.

pas se tuer après la mort de Casâus et révénemeat trè^^ÎMertrâ <le la bataille ; Q D*y a que la honte d'être mené en triomphe qui pourra Ty déterminer. L'intention de fauteur est ici évidente ; mai» le» opivoenUteurs, qui ont fait tant de notes sur ce passage^ ne Tout pas Cait reinar<quer.

(56) P. «79. Tou must note hesîde. M. Guizot a traduit '} « Nous savons à présent le compte de nos amis jusqu'au dernier, »

P. %8. Thy leaden mace. — Mace est un ancien mot en usage pour dàn sceptre.

P. 289. Defianccj tràitors, Hrl wc, — HuH est partiaiUèrement eaepressif. Quand quelqu'un défiait en combat judiciaire , on disait qu'il hurl y lançait son gage, lorsqu'il jetait à terre son gant comme ga^ qu'il soutiendrait sa charge contre son adversaire.

P. 29t. PP^tat are you ihen determin'd to do7 c'est-à-dire^ je wi» résolu en pareil cas de me tuer : y êtes-vous déterminé ?

Il y a «ertainement une contradiction apparente» mais non xéelk, cMre les sentiments que Brutus exprime ici, et le discours qu'il prononce ensuite. Brutus s'était fait un principe de courir toutes ies chanees de la guerre; maïs, lorsque Cassius lui représente la honte d'être conduit en triomphe à travers les rues de Rome, cette disgrâee est une épreuve qu'il ne pourrait endurer. Quoi de plus naturel! Nous nous faisons un système de conduite ; mais il arrive d^ «ireoiiftaoees qui nous forcent à nous en départir.

(57) P. «94. Amdng myself wiih patience. Warburton pense qu'il manque quelque chose dans ce discours. Cependant il n'est besûin pour le rendre dair que d'une parenthèse ; la construction est : je suis déternîiié à 9pr suinsit cette philosophie qui m'a porté à blâmer le «lûcidfi de ^Cato»; m'annant de patience , ele. {Johnson^)

(5S)P* 995. ji9 'Us now. M. Guizot a traduit comme je le fai ee momeiif.

(59) P. 299. Ce fiit trois semaines après* et non ce même jour, qte Brutuedoma k eeoonde bataille dans les mêmes plaines àe Philippes, où les deuil années étaient restées en présence pendant tout ce tempâ.

(60) P. 307. 4y ifMessala will prefer me toyou, — Topfefir wftihle avoir- été la phrase d'usage pour recommander un serviteur.

(61) P. 307. Antome, ayant trouvé le corps de Brutus, lui dit d'ahord des injures, mais ensuite fl le couvrit de sa propre cotte d'armes « et or-* dooM à utt de ses affirandiis de lui donner la sépulture. Antoine ayant apprk que l'affranchi n'avait pas fait brûler la cotte d'armes avec le corps, parce qu'elle était d'un grand prix , et qu'il avait soustrait une bomie partie de l'argent destiné aux frais des funérailles, il le ût mourir, (Yoyez Plutarque, Vie d^ Antoine,)

HISTOMQUES ET CRITIQUES

SOK LES

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