Scène IL LA TEMPÊTE
pice. Si 9 au lien de profila âe cette inflnenee bénigne, je la néglige, ma destinée deviendra plus nmaraise encoreé Mamtenant ne m'adresse plua de questions , tu es disposée à t'endor* mir, c'est un heureux assoppissemeiit , cède k son charnfe, je sais que tu ne peux t'y soustraire. {MêMàâa fméwH^ *^ Viens, mon serviteur; viens, me voilà prêt; accours, mon Ariel; viens I
Ariel eiilr«.
ArieL ^ScUut, profond salut , mon noble et puissant maitre l A tes ordres je snis tout prêt à me soumettre, Faut'U fendre les airs , faut-il nager, faut-il Se plonger dans la flamme invisible et subtil , Ou dois- je chevaucher sur l'onduleux nuage ; Ariel âme et corps à te servir s^engage. Parle, ePf obéirai,
Pros.— Selon mes vcêua as^hi
Dirigé la tempête et le vaiSHOu batiu?
Ariel.— Je viens de point en poini éTectécuter ton ordre , Sur le vaisseau du roi j'ai jeté le désordre ; Tantôt sur le tUlac et tantôt dans lefiane, Aux cabines, ou bien sur' la proue, en volant Jlallumais l'épouvante , et dans tout le natvire , Je me multipliais pour bnXler et détruire. Sur le mât de beaupré, les vergues > le grand mât , Je passais flamboyant et d'ébai en ébat; Puis je réunissais ces flammes divisées Que je faisais partout courir subtilisées ; Les éclairs précurseurs du tonnerre qui part, Moins fluides, moins prompts échappent au regard. Le feu , les craquements du navire , le soufre En lave bondissant , tout assiégeait le gouffre lyunemerqui, tremblante ^ élevait jusqu'aux cieux De ses flancs ébranlés les flots audacieux (8) /
Pros. — Cest bien, mon brave esprit; mais, durant la tempête, Est-il un seul d'entre eux qui n'ait perdu la tête, Et qui ferme et sans peur ait gardé sa raison T
Ariel. — Non, tous de la folie ont senti lepoison ; Hormis les matehSs, tous^ de la mer profonde Ont dans leur désespoir voulu traverser Vende;
388 THE T£MP£ST. Act I.
Pluag'd iD the foamiDg brine» and quit the vessel. Tbea ail s^ fire with me : the kiog's son» Ferdinandy With hair up-staring (then like reeds, not bair,) Was the first maa that leap*d: cried, HiU U emply, Ànd ail lh0d€vU9ar$ Aer#.
Pro, Why, that 's my spirit t
But was Qot this nîgh shore?
Àri, Glose by, my master*
Pro. But are they^ Ariel, safeT
Art, Not a hair perish'd ;
Ou their sustaining garments not a blemish, But fresher than before; and, as thou bad'st me. In troops I hâve dispers'd them 'bout the isle : The king*s son bave I landed by himself ; Whom I left cooling o( the air with sighs, In an odd angle of the isle, and sittiog, His arms in this sad knot*
Pro. Of the king's ship,
The marlners, say, how thou hast dispos'd, And ail the rest o' the fleet ?
Àri. Safely in harbour
Is the king*s ship ; in the deep nook, where once Thou cairdst me up at midnight, to fetch dew , Froni the still vex*d Bermoothes there she's hid : Whom with a charm join'd to their suffer'd labour, I baye left asleep : and for the rest o* the fleet, Which I dispers*d, they ail bave met again ; And are upon the Mediterranean flote Bound sadly home for Naples ; Supposing that they saw the king's ship wreck'd. And his great person perisb.
ScÈNfi II. LA TEMPÊTE. 389
Dans les flots irrités , en se précipitant ,
Tous ont abandonné le navire flottant ,
Qui n'était plus alors que flamme et gue bitume,
Ferdinand , fils du roi , les cheveux blancs d* écume ,
Hérissés sur sa tête ainsi que des roseaux ,
S'est jeté le premier dans l'ahime des eaux , ^
En s' écriant : Fuyons, les enfers restés vides
Déchaînent sur nos pas tous leurs démons avides,
Pros. — À merveille, génie intelligent; dis-moi. Sont-ils sur ce rivage ?
Âriel. — Ils sont tous près de toi {q),
Maître.
Pros,^- Et sont-ils sauvés, Âriel?
Ariel. — Je te jure
Qu'un seul de leurs cheveux n*a pas reçu d'injure , Qu'une tache n'est pas même à leurs vêlements , Qui soutenaient leurs corps sur les flots écumants, La tempête apaisée f à ton ordre docile Je les ai dispersés en troupes dans cette île ; J'ai mis le fils du roi près d'ici désolé, Et selbn ton désir des autres isolé ; Morne, les bras croisés sur un tertre sauvage. Il jette ses soupirs aux échos du rivage.
Pros. — Qu'as'tu fait du vaisseau, du roi, des matelots \ Et de toute sa suite en les sauvant des flots ?
Ariel. — J'ai laissé mollement reposer le navire Dans cette baie obscure où la tempête expire , Baie à l'onde insondable où tu m'avais conduit Pour cueillir la rosée, à l'heure de minuit^ Sur les bords orageux des Bermudes sauvages. C'est là qu'il est couché, sans voiles, sans cordages; Aux écoulilles sont restés tous endormis Les matelots lassés qu'un charme m'a soumis , Et les autres vaisseaux de la flotte royale , Qui s'étaient dispersés sous la sombre rafale , Réunis maintenant, vont revoir de nouveau Naples qui les attend en se mirant dans Veau. Mais triste et consterné reste chaque équipage, Et tous pleurent leur roi mort pendant le naufrage.
ago THE TIMPEST. Act I.
Pro. Ariel, Ihy charge Exactly is perform'd ; but tfaftre'f more work: What is the time o' tho day?
Ari. Past the mid 3eason,
Pro, At least two glasses: the time 'twixt six and now, Must by us both be spent most preciously.
Âri. Is there more toil? Siace thou dofit gi?e me paini, Let me remember thee what thou hast promis'dy
Which is not yet perform'd me»
Pro. Hp w now î moody ?
What is't thou canst demand?
Ari. My liberty,
Pro, Before the time be out? no more.
Ari. I pray thee
Remember, I hâve done thee worthy service ; Told thee no lies, made no mistakings, serv'd Without or grudge or grumblings : thou didst promise To bâte me a fuU year,
Pro* Dost thou forget.
From what a torment ï did free thee?
Ari. No.
Pro, Thou dosti andthink'st It much, to dread the oose of the sait deep; To run upon the sharp wind of the north; To do me business in the veins o' the earth, When it is bak*d with frost.
Ari. I do not, Sir.
Pro. Thou liest, malignant thingl Hast thou forgot The foui witch Sycorax, who, with agc, and envy, Was grown into a hoop? hast thou forgot her ?
Ari. No, Sir.