‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 77 sur 153 · Scène I. LA TËMPÉIË · texte numérisé non relu

Scène I. LA TËMPÉIË

Ant, — Si une de ses poches pouvait parler, ne dirait-elle pas qu'il ment.

Séb. — Oui y ou bien elle dirait un mensonge sous le manteau (i8).

Gon. — Il me semble que ' nos vêtements paraissent aui|si frais maintenant que lorsque nous nous en revêtîmes pour la première fois en Afrique , au mariage de la fille de notre roi , la belle Glaribel, avec le roi de Tunis.

Séb. — C'était un beau mariage , et nous sommes heureux dans notre retour 1

Àdr, — Tunis ne fut jaxnais honorée d'une aussi incomparable reine.

Gon, — Non, depuis le temps de la veuve Didon.

Ànt, — La veuve? la peste soit 1 comment une veuve vientelle là-dedans? la veuve Didon?

Séb, — Eh bien ! quand il aurait dit aussi le veuf Ënée ? Gomme vous le prenez, mon bon seigneur!

Adr, — La veuve Didon, dites-vous? vous m'y faites penser; elle était de Garthage, et non de Tuuis.

Gon, — Gette Tunis, seigneur, était jadis Garthage.

Adr. — Garthage ?

Gon. — Je vous l'assure, Garthage.

Ant, — Ses paroles peuvent plus quela harpe miraculeuse.

Séb. — Il a élevé les murailles et les maisons aussi.

Ant. — Ge qui est le plus impossible lui sera aisé maintenant.

Séb. — Je pense qu'il emportera cette lie chez lui dans sa poche, et la donnera à son fils comme une pomme.

Ant, — Et qu'en semant les pépins dans la mer, il en sortira d'autres îles.

fiFo». — Vrai?

Ant. •— Voilà qui arrive fort à propos I

Gon. — Seigneur, nous parlions de nos habits qui paraissent aussi frais que lorsque nous étions à Tunis , au mariage db la reine votre fille.

Ant, — Et la plus admirable qu'on y ait jamais vue.

Séb. — Exceptez-en, je vous prie, la veuve Didon.

Ant, — 0 veuve Didon î oui, veuve Didon I

£r<m.— N'est-ce pas, seigneur, que mon habit est aussi frais que la première fois que je l'ai porté? je veux dire en quelque sorte.

Ant, — Ge «nquêlque sorte a été laborieusement cherché.,

414 THE TEMPEST. Acr II.

Oon. Whcn l wore it at your daughter*s marriaget

Àlon, You cram thèse words into mine ears, against Th« stomachofmy gense: 'Would I had never Married my daughter there I for, comiog thence, My son is lost ; aad, io my rate, she too, Who is 80 far from Italy remov'd, I ne'er agaip shall see her. O thou mine heir Of Naples and of Milan, what strange fish fiath made fais meal on thee I

JFVan. Sir, he may live ;

I saw him beat the surges nnder him.

And ride upoa their backs ; he trod the water, Whose enmity he flnng aside, and breasted The surge most swoln that met him : his bold head 'Bove the contentions waves he kept, and oar'd Himself with his good arms in lusty stroke To the shore, that o*er his wave-worn basis boVd As stooping to relieve him : I not doabt, He came alive to land.

Alon. No, no, he's gone.

Seb, Sir, you may thank yourself for this great loss ; That would not bless pur Europe with your daughter> Ent rather lose her to an African ; Where she, at least, is banish*d from your eyc, Who hath cause to wet the grief on't.

Âltm. Pr'ythee, peace.

Seb. You were kneelM to, and importun*d oti^erwise By ail of us; «nd the fatr aoul Ikerself Weigh'd, between loathness and obédience, at Which end o' the beam she'd bow. We hâve lost your I fear, for ever : Milan and Naples havB More widows in them ef this ImsiBess' making, Thtm we briag nen te comfort them : the fiaalt's Your owri.

Alon. So is ttie dearest of the loss.

Gon. My lerd SebastiaOy The truth you speak dolh htck sone gentlettess, ÈiikA time te speak it in: yeu rub the sore, IV^e&fmi riMiid Mbs tèe placer.

Siè. ¥Qrf «fitt.

9CÈNB I. JLA TBMPÈTB. 415

Oon. — Quand je Tai porté au mariage de votre fille.

Alon, — Vous enfoncez ces mots dans mon oreille malgré ma répugnance à les entendre. Plût au ciel que ma fille ne fût jamais mariée en Afrique ; car c'est au retour de ce mariage que j'ai perdu mon fils ; et, je le crains, ma fille aussi, éloignée de l'Italie comme elle Test, jamais je ne pourrai la revoir. 0 toi, mon héritier de Naples et de Milan , quel monstre des mers t'a dévoré?

Fran. — Seigneur, il peut être vivant encore ; je l'ai vu, a'élevant sur les lames, battre les vagues sous lui, et fendre les eaux ennemies qu'il rejetait à ses c6tés , opposant sa poitrine aux assauts des vagues écumantes ; il élevait sa tête altière au-dessus des flots en tumulte , et de ses bras nerveux ranaait à cpups vigoureux vers le rivage, qui, se courbant sur sa base que les brisants de la mer avait rongée , paraissait s'incliner pour le secourir. Je ne doute point qu'il ne soit vivant , et qu'il n'ait gagné la rive.

Alan. — Non , non, il n'est plus*

5^6.-*Seigneur, c'est à vous-même que yous devez attribuer cette grande perte , vous qui, plutôt que d'honorer notre Europe de votre fille , avez préféré la sacrifier en la donnant à un Africain, ou du moins l'avez ainsi exilée loin de vos yeux qui ont bien sujet de pleurer sur une telle douleur.

Àlon, —Paix! je te prie.

S^6.— Nqus nous sommes tous prosternés devant vous» nous vous avons importuné pour vous faire changer de pensée, et cette belle âme elle-même, indécise entre l'aversion et l'obéissance, balança longtemps avant de se décider. Maintenant nous avons, je le crains , perdu votre fils sans retour. Milan et Naples vont avoir, grtoe à cette alliance, plus de veuves que nous ne ramènerons d'hommes pour les ceoiol^; vooi seul en êtes la cause.

Àlon. — La perte la plus chère est aussi pour m ol.

. Goni — Seigneur Sébastien, les vérités que vous dites manquent d'à-propos et de bonté ; vous irritez la plaie lorsque vous devriez l'adoucir.

Séb, -^ Bien parlé.

416 THE TBMPEST. Act II.

Ànt, And most chirurgeonly.

Gon, It is foui weather in us all^ good Sir, When you are cloudy.

Seb, Foui weather?

Ânt. Veryfoul.

Gon, Had I a plantation of this isle, my lord» —

Ânl, He*d sow it with nettle-seed.

Seb, Or docks, or malloNvs.

Gon. And were the king of it, What would I do?

Seb, 'Scape being dnink, for want of wine.

Gon. Tthe commonwealth I would by contraries JBxecate ail things : for no kind of traffic Would I admit; no name of magistrale ; Letters should net be known ; no use of service, Of riches or of poverty; no contracts, Successions; bound of land, tilth, yineyard, none ; No use of métal, corn, or wine, or oil : No occupation ; ail men idle, ail ; And women too; but innocent and pure : No sovereignty : —

Seb. And yet be woul 1 be king on*t. — •

Ânt. The latter end of his commonwealth forgets the beginning.

Gon. AU things in common nature should produce Without sweat or endeavour : treason, felony, Sword, pike, knife, gun, or need of any engine, Would I not hâve ; but nature should bring forth, Of its own kind, ail foizon> ail abundance, To feed m y innocent people.

Seb. No marrying 'mong his subjects?

Ânt, None, man; ail idle; wantons, and knaves.

Gon, I would with snch perfection govern. Sir, To excel the golden âge.

Seb, 'Save his majesty I

Ânl. Long live Gonzalo I

Gon, And, do you mark me, Sir ?—

Âlon, Pr'ythee, no more: thou dost talk nothing to me.

Gon. l do well believe your highness ; and did it to minister occasion to thèse gentlemen, who are of such sensible and nimble lungs, that they always use to laugh at nothing.

SCÈNB L LA TEMPÊTE. 417

Ànt. — De ]a manière la plus chirurgicale* Gan, (au roi). — - Mon bon seigneur , dès que votre Aront se couvre de nuages, le ciel devient tout à fait sombre pour nous. Séb. — - Le ciel devient sombre?

Ànt, — Très-sombre*

6ron. -^ Si j'avais à planter cette tle, monseigneur

Ànt. — Il y sèmerait des orties.

Séb. — Ou des ronces et des mauves.

Gon. — - Si j'en étais roi , savez-vous ce que j'en ferais? Séb, — Vous échapperiez à Tivresse faute d*avoir du vin. 6fon.— Dans ma république je voudrais exécuter toute chose à l'inverse des autres États ; je n'y admettrais aucune espèce de trafic» ni le nom de magistrat; l'usage des lettres n'y serait point connu ; on y ignorerait la richesse ou la pauvreté. Point de mattre et de valet, de contrats, d'héritages, de limites, de labourage; rien de tout cela. Je n'y voudrais ni métal, ni blé, ni vin, ni huile. Nul travail : tous les hommes seraient oisife, et les femmes aussi; mais elles seraient innocentes et pures. Point de souveraineté.

Séb. — Et pourtant il voudrait en être le roi. AnL — La fin de sa république en a oublié le commencement. Gon, — Toutes choses seraient produites par la nature sans labeur ni sueurs, et mises en commun. Je n'admettrais dans ma république ni trahison, ni félonie, ni épée, ni pique, ni poignard, ni mousquet, ni machines de guerre; mais la nature, prodigue de ses dons, produirait d'elle-même, tout en abondance, pour nourrir mon peuple innocent.

Séb, — Point de mariage dans sa république. Ânê. — Non, mon cher, tous fainéants, des coquines et des fripons.

£ron. — Je voudrais gouverner avec une telle perfection, seigneur, que je surpasserais les temps de l'âge d'or. S^6. — Vive Sa Majesté!

Ànt. — Longue vie à Gonzalo !

Gan. — M'écoutez- vous , seigneur?

Àlon. — Assez , je t'en prie ; tes paroles ne me disent rien. 6fon. — J'en crois facilement Votre Majesté, et ce que j'ai dit n'était que pour mettre en train ces nobles cavaliers dont les poumons sont si chatouilleux et si agiles, que leur habitude constante est de rire d'un rien.

4t8 THB TBMPBST. Acr II.

Ànt. Twas you we laugbed ttt.

Gon^ Who, in ibis kind of merry fooUog, «m tioCliiiig to you ; so yoa oiay cootioue» and liugh at nothing 9iiU«

ÂrU. What a blow was there gif en 1

Seb. An it had not fallen flat-long. .

6fon« You are geaâemen of brave mettle: you would lift the moon eut of her sphère^ if sbe wouid continoe in it five weeks without changing.

EfU9r Ahisl HffiÊ^U, ptoyMf êoimm mmHB.

Sêb. We would so, and tben go a bat-fowling.

ÀnU Nay, good my lord, be not angry.

(roti» No, I warrant you ; I wili not advenUiro my discretioii ao weakly. Will you laugh me asleep, for l am very beayy t

Ànt» Go aleep» and hear us.

{Ail deep frui Àlùnêo, Sébastian and ÂnUm4$.)

AUm^ Wbat» ail so soon asleep ! i wisb mine eyea Would, wUb tbemselves, abut up my tboogbte : I find Tbey are inclin'd to do so.

i Seb. Please you, Sir,

Do not omit the beavy offer of it :

It aeldom wmts aerrow: wben it doib, It is a comforter.

f Âni, We two, my lord,

Will guard your person, wbile you take your reat, And watch your safety.

AUm. Tbank you ; Wondrou» beavy.

(AhOV^O ihepê. EwU ABii»l*;\

Seb. Wbat a strange drowsiness possesaea them t

Ant. It is the quaUty o'tbe climate.

Seb. Why

Dotb it not tbea onr eyetids siok 7 I find not

Myself dispos*d to sleep.

j[„l, Nor l : my ipiriti a» ««blé,

Tbey fell together ail, as by éeMent; Tbey dropp'd as by a tbundep-«lrok». Wbat im^t, Worlby Sébastian^— Ob I wbat mgbtî— Nomere^- And yet» metbinks, I see it in tày laee, W^t tbeu sheuld'st be : the oooasàon speaks ifaee ; «d Hy strong îmagluatk» foes a ciown Dropping upon thy bead.

SciiTB I. XA TraiPÊia 419

ÀfU. — C'est de fouf que nous wcvà ri. ffofi* — De moi, qui ne suis rien auprès <k tnmi dans ee genre de plaisanterie* Ainsi vpiib pouvez continuer, et ce sera toi^ocurs rire de rien.

Ân$. — Quelle botte il nous a portée là I Séb. — Ouiy si elle n'était pas tombée tout à piat* Gan. — Vous êtes des chevalters d'une bonne trempe; ?oiis seriez capables de soulever la lune de sa spbèns»si elie y demeurait cinq semaines de suite sans changer. Ariel entre inf>i$ible , eaféinUatU une mneique grave et tels. Séb, — Oui, certainement, et nous ferions après la chasse aux

chauyes-sonris*

Ân$, — Allons, mon bon seignenr» ne Toiis mettez pas en colère.

6on, — Non , je vous l'assure » je ne compromets pas ma pru* dence si légèrement. Voulez-vous continuer à rire pour m'endormir ? car déjà je me sens assonpi.

Ànt. — Eh bien , dormez, ei écontez^nons, (Tauss^endormentexc^^Ai^ofizo, Sébastien et Antohio.)

Alon, — Quoi , tous dorment déjà! je vendrais que mes yeux pussent en se fermant emprisonner mes pensées; je les sens disposés au sommeil*

Séb* — Qu'il vous j^aise» seigneor, de ne pas repousser sa dis* position assoupissante : il visite rarement la douleur; quand il le fait, il la calme et la consele.

Ant, — Tous deux , seigneur , nous allons garder votre per» sonne pendant votre repos^ et nous veillerons à votre sûreté»

A/on. — Je vous renoercieu Que je suis accablé 1

{U e^mUhri. Aniia jori.)

Séb. — Quelle étrange léthargie les a saiisis i

Ant. — C'est un effet du climat.

Séb. — Pourquoi n'M-eUe pas forcé nos yeux à se fermer aussi? je ne me sens pas disposé à dormir.

Ani.— Ni moiy mes esprits sont agités*-«-ils sont tous tombés comme d'un même accord; on dirait qu'ils ont été frappés par un même coup de foudre. Quelle puissanee est en nos mains , digne Sébasiien» oht quelle puissance i Je ne dis rien de piusi et cependant je crois lire sur ton visage cç que tu pourrals^e : l'occasion te parle , et ma fougueuse imagination voiX une cou* ronne descendre sur ton front.

420 im TEMPEST. ACT II.

Seb. . What, artthouwakitigT

Ânt, Do you not hear me speak?

Seb. I do ; and, sarely,

It is a sleepy laoguage ; and thon speak'st Ont of thy sleép : What is it thou didst aay? This is a strange repose, to be asleep With eyei wide open; standing, speaking, moving, And yet so fast asle^.

Ânt. Noble Sébastian,

Thon let'st thy fortune sleep— die ratber ; wink'st Whiles thon art waking.

Seb, Thon dost snore distinctly;

There's meantng in thy snores.

Ant. I am more serions tban my custom : you Must be so too, if need me; which to do, Trebles tbee o'er.

Seb, Well ; I am standing water.

Ant. rii teach you how to flow.

Seb, Do 80 : to ebb,

Hereditary sloth instructs me.

Ant, Oh)

If you but knew, how you the purpose cherish, Whiles thus you mock it ! how, in stripping it, ^

You more invest it 1 Ebbing men, indeed, Most often do so near the boltom run, By their own fear, or sloth.

Seb, Pr'ythee, say on :

The setting of thine eye, and cheek, proclaim A matter from thee: and a birth, indeed, Which throes thee much to yield.

Ant, Thus, Sir :

Although this lord of weàk remenlbrance, this (Who shall be of as Iktle roemory, When he is earth'd) hath hère almost persuaded (For he's a spirit of persuasion only,) The king, bis son's alive ; 'tis as impossible That he's undrown'd, as he that sleeps hère, swims.

' Seb. I hâve no hope That he's undrown'd. Ant, . 0 out of that no hope.

ScÈNB I. LA TEMPÊTE. 42i

Séb, — Qu'as- ta dit? es-lu éveillé?

iinf • — Ne m'entendez-vous pas parler ?

Séb. — Oui , mais c'est sûrement là le langage qu'on tient eo rêvant. Tu parles dans ton sommeil, que me disais-tu? C'est un étrange repos que de dormir arec les yeux tout grands ouyerts, debout, parlant, marchant y et pourtant si profondément endormi.

Ànt, — Noble Sébastien , tu laisses ta fortune dormir.#. plutôt mourir I Tu fermes les yeux tout en veillant.

5^6. — Tu réves distinctement , et il y a un sens dans tes rêves.

Anl, — Je suis plus sérieux qu'à l'ordinaire , vous devez l'être aussi , si vous me comprenez ; si vous me comprenez , c'est vous tripler vous-même.

Séb, — Bien, mais je suis une eau stagnante.

Âni^ — Je t'apprendrai comment tu dois monter.

Séb. — Fais-le, car une indolence héréditaire me dispose à descendre\

ÂrU. — Oh! si vous connaissiez seulement combien ce projet vous sourit au moment même où vous vous en moquez ( Plus TOUS cherchez à vous en dépouiller, plus vous vous y enveloppez comme dans un vêtement. Les hommes irrésolus et flottants plongent souvent jusqu'au fond d'une entreprise par leur crainte et leur indolence même.

Séb, — Je t'en prie, parle ; tes regards fixies et fermes, tes traits animés annoncent que tu as conçu quelque projet dont tu t'efforces de te délivrer; un enfantement te presse et te travaille.

iinl.— Le voici, seigneur; quoique ce gentilhomme à la mémoire si courte , et qui une fois enterré ne laissera pas après lui un plus long souvenir, ait presque persuadé au roi (car son seul esprit est celui de la persuasion) que son fils vivait » il est aussi impossible qu'il ne soit pas noyé, qu'il Test que cet homme qui dort ici puisse nager.

Séb, — Je n'espère point qu'il ne se soit pas noyé.

Ànt. — Ohl c'est ce manque d'espoir qui doit exciter rotre

422 THE TEMFE6T. . Act II.

What great hope hâve you I no hope, that way, ii^

Another way so high an hope, that even

Ambition cannot pierce a wink beyond,

But doubts discovery there. Wîll you grant, with me,

That Ferdinand is drown*dî

Seb. He's gone.

Ant. Then, tell me,

"Who's the next heir of Naples 1

Seb. GUribel.

Ant. She thàt is queén of Tunis; she that dwells Ten leagues beyond man'fi life; «he that from Naplef Gan bave no note, uniess the sun were post, (The man i'the moon's too slow,) till new-born chins Be rough and razorable : She, from whom We were ail sea-swallow*d, though some cast agaîn; And, by that, destin'd to perform an act, Whereof whafs past is prologue ; what to corne , In yours and my discharge.

Seb. What stuif is this?— How say you?

'Tis true my brother^s daugbter's queen of Tunis; , - So is she heir of Naples ; 'twixt which régions There is some space.

Anté A space whose every oubit

Seems to cry out^ How êhail that Claribel MeoiUfe us baek to Nupleê f «^ Keep in Tunis, And let Sébastian wake l ^^ Sàty» this wiere death That now bath seiz'd them ; why, they were no wof se Thannow they are : There be, that can rule Naples» As well as he that sleeps ; lords, that can prate As amply and unnecessarily.

As this Gonzalo ; I myself could make A chough of as deep chat. Oh ! thàt you bofe The mind that I do I what a sie&p were this For your advancement I Do you understand mè î

Seb. Methinks, I do.

Ànt. And how does yôur content

Tender your own good fortune t

Seb. I f emember,

Y;oii 4id Mipplant yi^uje turatber Prospero»

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