‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 78 sur 153 · SC*NB I. LA TEMPÊTE · texte numérisé non relu

SC*NB I. LA TEMPÊTE

plus haute errance; point d*espoir de ce côté, c'en Ml de l'autre un si grand, que Toeil perçant de Tambition ne peut pé^* nétrer au delà, et doute presque de ce qu'elle découvre* Voulez-vous m'accorder que le prince est noyé? Séb. — Il n'est plus.

iitu.— Maintenant, dites-moi qoel est après lai lliéritief le plus proche du royanme de Naples? * ;S^6.— C'est Glaribel.

iAnl. — La reine de Tunis? elle quî semble reléguée dix lieues par delà la rie de Thomme ; elle qui ne peut pas avoir de nouvelles de Naples (à moins que le soleil ne prenne la poste , car rhomme de la lune n'irait pas assez vite) , avant que le menton de l'enfant né au départ du courrier ne soit durci et couvert de barbe; elle pour' qui nous fûmes tous engloutis dans la mer, bien que les flots en aient rejeté quelques-uns, et que nous soyons ainsi destinés à accomplir un acte dont ce qui s'est passé n'est que le prologue. Vous et moi sommes chargés de ce quî doit suivre.

Séb, — Quels discours me tenez- vous là t que voulez- vous dire? Il est vrai que la fille de mon frère est reine de Tunis, et qu'elle est aussi l'héritière de Naples ; et on sait qu'entre ces deux pays il y a quelque distance.

Ânt.'^ Distance dont chaque coudée semble àl'envi s*écrier : c( Gomment cette Glarîbel pourra-t*elle jamais franchir cet espace pour revenir à Naples. » Qu'elle demeure à Tunis, et que Sébastien se réveille! dites; si le sommeil qui vient de s'emparer d'eux était la mort I eh bien I ils n'en seraient pas plus mal qu'ils ne sont à présent. Il existe des gens qui pourraient gouverner Naples aussi bien que celui-ci qui dort. Il y a des seigneurs qui pourront bavarder aussilonguement, aussi inutilement, que ce vi^ux Gonzalo. Je pourrais moi-même faire un déraisonneur aussi profondément babillard. Ohl si mon esprit était en vous, quel profit pour votre élévation vous pourriez tirer de ce sommeil I Me comprenez- vous ?

Séb, — Oui, je crois vous comprendre.

Ant, — Et comment votre contentement accueille-t-il ce que votre bonne fortune vous promet ?

Séb. — Je me souviens que vous avez supplanté votre frère Prospère.

424 THE TEMPEST. Agt IL

Âm. True :

Andy look, how well my garments sit upon me ; Much feater than before : My brother's servante Were then my fellows, now they are my men,

5e6. Rut, for your conscience —

AfU, Ay, Sir ; wliere lies that ? if it were a kibe, 'Twould put me to my slipper ; but I feel not This deity in my bosom : twenty consciences, That stand 'twixt me and Milan, candied be they^ And melt, ère they molest I Hère lies your brother. No better than tbe earth he lies upon, If he were that which now he's like ', whom I, With this obedient steel, three inches of it, Gan lay to bed for ever : whiles you, doing thus, To the perpétuai wink for aye might put This ancient morsel, this sir Prudence, who Should not upbraid our course. For ail the rest, They'll take suggestion, as a cat laps milk ; They'U tell the clock to any business that We say befits the hour.

Seb, Thy case, dear friend,

Shall be my précèdent; as thou got'st Milan, ru congie by Naples. Draw thy sword : one stroke iShall free thee from the tribute which thou pay'st ; And I the king shall love thée.

Ànt, Draw together :

And when I rear my hand, do you the like, To fall it on Gonzalo.

Seb. Oh ! but one word. {They converse apart.)

Music, Re-enter Ariel, inviHble.

Art, My master through bis art foresees the danger That thèse, bis friends , are in ; and sends me forth, ^

( For else bis project dies, ) to keep them living.

(Sings in Gonzalo*S ear.) WhUe you hère do snoring lie, Open-ey'd conspiracy

His Urne doth take :

If of life you keep a care, Shake offslumber, and betoare :

Àwàkei awake t

SeiHB I. XA TEMPÊTE. 4âS

^nl.— Oui, et Toyez comme mes robes ducales meyont biefi; bien mieux que mes anciens Tétements. Les serviteurs de mon frère , qui étaient alors mes compagnons, sont aujourd'hui mes sujets.

Séb» — Mais votre conscience?

Ànt. — Vraiment, seigneur, où cela gtt-il? Si c'était une enflure à mon talon , elle me contraindrait à mettre mes pantoufles, mais je ne sens' pas cette déité dans mon sein. Vingt consciences se fussent-elles dressées entre moi et le duclié de Milan » elles auraient pu se candir et se fondre avant que ma tranquillité n'en souffrit. Voilà votre frère étendu là ; s'il était

ce qu'il parait être en ce moment.. ••• s'il était mort il ne

vaudrait pas mieux que la terre sur laquelle il repose. Je puis, seulement avec trois pouces de cette lame , le plonger dans un sommeil étemel, tandis que vous pouvez par le même moyen fermer l'œil pour jamais à ce vieillard décrépit , à ce roi de la prudence, qui ne pourra plus censurer notre conduite.* Quant aux autres, ils suivront notre instigation comme un chatlappe du lait. Us sonneront l'heure de toute entreprise que nous aurons décidée.

Séb, — Ta destinée , cher ami , doit me servir d'exemple ; comme tu as gagné Milan, je veux gagner Naples. Tire ton épée; un seul coup va t'affranchir du tribut que tu payes, et te donner pour roi moi qui l'aime.

Ant, — -> Frappons ensemble , et quand je lèverai mon bras en arrière, en même temps tombez sur Gonzalo.

5^6.— Oh I un mot seulement. (Ils se parlent ba$.)

Musique. Abiel rentre invisible,

Àriel, — Par son art mon maître a prévu Le malheur qui planait sur ces hommes qu'il aime; Et, pour sauver leurs jours, U m'envoya lui-même ; Car s'ils meurent , hélas 1 son projet est déçu»

(Il chante à l'oreille de Gonxalo.)

Tandis que vous dormez, la trahison s'apprête; L'cnl ouvert, elle veille et choisit son moment. Secouez le sommeil , levez -vous promptement,

Si vous tenesTà voire tête.

Les traîtres préparent leurs coups ;

RéveUlex-vous , réveUlez-voue.

4M THB TBlfPEST« Aor II.

Àni» Théo let ui botfa be saddeii.

Oon. Now, good angels, presenre thé Ungl (fK^moA*^.)

Âlon. Why, how ûow, ho I awakc î Why are you drawn? Wherefore this ghastly lookingî

Oon. Wbat's the matter f

Seb* Whiles we stood hère tecariag your repose, Even noW| we heard a hoUow burst of bellowing Like bullSi or rather lions ; did itnot wake you Y It Btruck mine ear mosH terribly.

Alan» I heard nothing.

Ànt. Oh t 'twas a din to fright a monster's ear ; To make an earthqaake I sure it was the roar Of a whole herd of.lions.

Âlon. Heard you this, Gonzalo f

Gon. Upon mine honour. Sir, I heard a humming, And that a strange one too, which did awake me : I shak'd you, Sir, and cried; as mine eyes open'd, I saw their weapons drawn : — there was a noise, Xhat's verity : 'Best stand upon our guard; Or that we quit this place : let's draw our weapons.

Âlon, Lead off this ground ; and let's make fnrther search For my poor son.

ffofw Heayem keep him firom thèse beasts !

For he is, sure, V the island.

Alan, Leadaway.

Àri. Prosperoy my lord, shall know.wbat I hâve done : So, king, go safely on to seek thy son. (Aside. Ex0uni.)

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