‹ Chefs-d'œuvre oratoires de BossuetChapitre 5 sur 42 · SUR BOSSU KT · texte numérisé non relu

SUR BOSSU KT

Le jésuite Maimbourg , écrivain sans conséquence , mais vil instrument des ennemis de Bossuet , qui , pour lui porter leurs coups , se cachaient derrière cet enfant perdu , avait coutume de peindre sous des noms empruntés , dans ses lourdes et ennuyeuses histoires, ceux qui étaient l'objet de ses satires. Il fit, dans son Histoire du Luthéranisme, le portrait imaginaire de Bossuet, sous le nom du cardinal Contarini, dont il exposait la théologie et la conduite accommodante en termes qui indiquaient Tévéque de Meaux avec plus de clarté que de finesse. Un portrait si ressemblant eut le succès dont il était digne, personne n'y reconnut Bossuet; et Maimbourg, déjà misérable historien , fut de plus un calomniateur ridicule.

Nous ne perdrons point de temps à repousser le mensonge^déjà réfuté plus d'une fois sur le prétendu mariage d'un prélat si austère dans ses mœurs. JVous n'opposerons à cette calomnie qu'une courte réponse, qui suffira au lecteur, impartial et philosophe. Bossuet était trop occupé de controverses, trop absorbé par ses spéculations théologiques , trop absolument livré à son cabinet , à l'Église et à la guerre , pour être forcé d'avoir recours aux consolations que peuvent chercher dans une union mutuelle les âmes tendres et paisibles. Il avait plus besoin de combat que de société domestique, et de gloire que d'attachements.

Loin d'avoir recours à cet adoucissement des maux de la vie , il négligeait jusqu'aux amusements les plus simples ; il se promenait peu , et ne faisait jamais de visites. « Monseigneur , lui dit un jour « son jardinier, à qui il demandait par distraction des nouvelles de « ses arbres, si je plantais des saints Augustins et des saints Jérdmes, <t vous viendriez les voir ; mais pour vos arbres , vous ne vous en « mettez guère en peine. »

Accablé de travaux et de triomphes , Tévêque de Meaux exécuta après la mort du grand Condé ce qu'il avait annoncé en terminant l'oraison funèbre de ce prince. Il se livra sans réserve au soin et à l'instruction du diocèse que la Providence avait confié à ses soins , et dans le sein duquel il avait résolu de finir ses jours. Dégoûté du monde et de la gloire, il n'aspirait plus, disait-il, qu'à être enterré aux pieds de ses saints prédécesseurs. Il ne monta plus en chaire que pour prêcher à son peuple cette même religion qui , après avoir si longtemps effrayé par sa bouche les souverains et les grands de la terre , venait consoler par cette même bouche la faiblesse et l'indigence. 11 descendait même jusqu'à faire le catéchisme aux enfants, et surtout aux pauvres , et ne se croyait pas dégradé par cette fonction si digne d'un évêque. C'était un spectacle rare et touchant,

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