ET LA LITTÉRATURE IRLANDAISES. XÎX
investigations laborieuses de l'étude de la législation et des finances indiennes. On pourra saisir maintenant les rapports originaux et comprendre les distinctions fondamentales entre les principales nations de l'Europe primitive et de l'Asie orientale.»
Avec quel intérêt le voyageur n'aime-t-il pas à remonter vers la source du fleuve majestueux dont il a vu rouler vers l'Océan les eaux sans cesse enrichies des tributs de tant de sources vivifiantes qui sillonnent de leurs rubans argentés les plaines auxquelles elles distribuent la richesse et la vie. Saisi d'abord d'admiration, il ne voit que l'immensité du spectacle sublime qui s'offre à sa vue éblouie ; mais à chaque pas qu'il fait, il aperçoit d'autres aspects; il n'a vu d'abord que l'ensemble; ce sont maintenant les détails qui le captivent et l'intéressent. Chaque branche tributaire lui fournit de nouveaux sujets d'étude, de nouvelles merveilles, et enfin, après avoir franchi tant d'espace et tant d'obstacles, lorsqu'il est parvenu au but de ses recherches, et qu'il jette ses regards sur les régions jusque là inaccessibles qu'il vient de parcourir, quel inépuisable sujet de méditation s'offre à son esprit I l'origine, l'histoire, les mœurs de tous les pays qu'il a parcourus , les merveilles de la nature prodiguées à chaque pas sur sa route aventureuse, douce récompense de ses peines et de ses fatigues. De même, en remontant le fleuve du temps, chaque siècle, chaque pays tributaire, qui a enrichi sa langue, dévoile aux yeux du philologue le tableau le plus varié; mœurs, coutumes, rien n'y manque. Tantôt c'est la barbarie luttant de toute son énergie gigantesque contre la civilisation naissante; tantôt la mère-patrie éclairant de ses lumières les pays soumis à ses lois, qui, après avoir grandi et fleuri sous son sceptre protecteur, deviennent à leur tour de, nouveaux foyers de civilisation et la dispensent aux nations qui les entourent. Ces études philologiques, si arides en apparence, offrent le spectacle le plus varié et le plus intéressant. Quel intérêt ne s'offre pas à celui qui, en suivant les diverses modifications qu'ont subies les langues depuis leur origine, porte ses recherches jusqu'à l'enfance du monde, lorsque l'homme fut forcé d'emprunter aux objets inanimés qui l'environnaient les sons imitatifs et inarticulés , pour exprimer ses désirs ou ses penchans ; en descendant le cours du temps, il développe les progrès graduels de perfectionnement qui ont été successivement introduits dans cette langue, jusqu'à ce qu'elle ait atteint son état actuel de supériorité.
« Il n'y arien de nouveau sous le soleil. Cela se dit de toute antiquité, s'écrie le baron d'Eckstein.Le physicien, l'astronome, l'his-