‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 11 sur 210 · XX APERÇU SUR LES ANTIQUITES · texte numérisé non relu

XX APERÇU SUR LES ANTIQUITES

torien, le géographe, le philologue, le jurisconsulte, l'antiquaire, savent bien qu'il y a du nouveau, qu'il y aura toujours du nouveau; que Dieu, que l'homme, que l'univers sont inépuisables... » Croire que la science est close, qu'elle n'a que changé d'habit et de nom, que tout est affaire de vestiaire, de costume, que rien n'est affaire de pensée, de découverte, c'est là une maxime de la paresse, Pâlissez donc sur le zend et le sanskrit, monsieur Burnouf ! luttez avec les grammairiens arabes, monsieur de Sacy ! tout cela ne vous sauve pas des dédains d'un homme de mérite. De nos jours, un zèle désintéressé de la vérité s'est manifesté dans une des branches les plus importantes des connaissances, la philologie. Ici la France lève la tête avec orgueil; elle offre en première ligne les Sacy, les Rémusat, les Eugène Burnouf, les Saint-Martin, les Etienne Quatremère, les Boissonade, les Letronne, les Chézy... Tous ces érudits se mettent au courant des progrès des sciences philologiques de l'étranger; aucun d'eux n'ignore les travaux des Gesenius, des Ewald, des Bopp, des Grimm, des Lassen, des Schlegel, des Boekh, des Jones, des Colebrooke, des Ellis, des Wilks, des Lee, des Foley, des Bochart, des Wilson, des Haughton, des Ouseley, des Malcolm, des Staunton, des Davis, des Morier, des Fraser, des Shea, des Atkinson, etc. Les philologues ont fait comme les physiciens, ils forment un peuple à part. Les idiomes de l'Orient et de l'Occident s'explorent aujourd'hui comme les sciences physiques. La famille des langues dont l'étude est la plus avancée, compte parmi ses idiomes le sanskrit, le zend, le latin, le grec, le lithuanien, les dialectes teutons et Scandinaves , les dialectes slaves , langues intimement parentes , qui , pour le fond , possèdent la même grammaire. Ces langues s'altèrent et se détériorent par les changemens qu'elles subissent dans les sons, et les modifications qu'elles souffrent dans les formes ; de sorte que les idiomes mélangés de l'Inde et de la Perse moderne se rapportent au sanskrit et au zend, comme les idiomes de l'Europe méridionale au latin, les langues germaniques et Scandinaves au gothique d'Ulphilas, à l'anglo-saxon de Caëdmon, au Scandinave de l'Edda, etc. Ces langues ne sont pas identiques, ne dérivent pas les unes des autres, elles sont parentes ; nous ignorons leur souche commune : ce que nous savons, c'est que le sanskrit et le zend sont plus rapprochés que le grec et le latin du tronc dont toutes ces langues composent les ramifications. Le sanskrit et le zend ont été d'une très-haute utilité pour éclaircir les etymologies du grec, du latin, du lithuanien, des idiomes germaniques, du slave;

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