‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 113 sur 210 · CHANT GUERRIER · texte numérisé non relu

CHANT GUERRIER

Rappelez-vous la gloire de Brien le Brave (4), quoique les jours du héros soient passés. Perdu pour Munster, refroidi dans la tombe, il ne reviendra plus à Kinkora (5) !

(3) Voyez l'hymne grecque attribuée à Alcée : « Je porterai mon glaive caché sous les myrtes, comme Harmodius et Aristogiton, etc.»

(4) Brien Borombe, grand monarque d'Irlande, qui fut tué à la bataille de Clontarf, au commencement du onzième siècle, après avoir défait les Danois dans vingtcinq engagemens.

(5) Le palais de Brien.

Cet astre de guerre qui si souvent inonda de ses rayons le champ de bataille, est couché; mais assez de sa gloire brille sur chaque lame pour nous guider encore à la victoire.

0 Mononie! est-ce pour qu'un tyran les marque du sceau de l'esclavage que la nature orna de teintes si riches tes champs et tes belles montagnes?

Non, liberté! jamais nous ne renoncerons à tes sourires. Va, dis aux Danois usurpateurs qu'il est plus doux de saigner un siècle sur ton autel que de dormir un moment dans les fers.

N'oublions pas nos compagnons blessés, fermes à nos côtés au jour de la détresse; tandis que la mousse de la vallée se teignait de leur sang, immobiles ils vainquirent et moururent! Le soleil, qui maintenant bénit nos armes de sa lumière, les vit tomber aux plaines d'Ossory (6).

Oh ! qu'en nous laissant ce soir il n'ait pas à rougir de voir qu'ils sont tombés en vain !

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