‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 118 sur 210 · CHANT DE GUERRE · texte numérisé non relu

CHANT DE GUERRE

Oh! où est l'esclave si avili, condamné à d'infâmes chaînes, qui languirait bassement sous le poids de ses fers, lorsque d'un seul effort il pourrait les briser ? Quelle âme , dont les maux la dégradent, attendrait que le temps eût flétri sa vigueur, quand d'un vol courageux elle peut s'élancer vers le trône de celui qui la créa!

Adieu à toi, Érin, adieu à tous ceux qui vivront pour pleurer notre chute!

Le laurier qui croît à l'abri des orages , couvert de feuillage et de fleurs, est moins beau, moins révéré, que l'arbre dépouillé dont les branches couronnent le front brûlant de la victoire!

La terre qui nous a vus naître s'étend sous nos pas : le vert étendard flotte au-dessus de nos têtes; des amis éprouvés marchent à nos côtés, et l'ennemi que nous haïssons est devant jqous !

Adieu, à toi , Érin , adieu à tous ceux qui vivront pour pleurer notre chute !

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