‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 139 sur 210 · LE PAYSAN IRLANDAIS A SA MAÎTRESSE · texte numérisé non relu

LE PAYSAN IRLANDAIS A SA MAÎTRESSE

A travers les douleurs, à travers les dangers, ton sourire a égayé ma route et a couvert des fleurs de l'espérance les épines qui m'entouraient. Plus notre sort était sombre, plus notre pur amour brillait d'un vif éclat. Bientôt la honte se convertit en gloire et la crainte en audace. Esclave que j'étais, dans tes bras je me sentais libre, et mon âme bénit jusqu'aux douleurs qui t'ont fait me chérir davantage.

Ta rivale était honorée lorsque l'on t'abreuvait d'insultes et de mépris ; tu portais une couronne de ronces, tandis que l'or

(28) Quoiqu'il soit difficile de se méprendre sur ce personnage allégorique, nous croyons devoir prévenir le lecteur que c'est de l'Irlande qu'il s'agit.

[Note du traducteur.)

parait son front; elle m'appelait dans ses temples, quand tu pleurais cachée dans tes cavernes! Ses amis étaient tous puissans : les tiens , hélas I étaient esclaves ! cependant j'aimerais mieux reposer à tes pieds, dans la tombe, que de munir à celle que je hais, ou de te ravir une seule de mes pensées!

Ils te calomnient indignement ceux qui disent que tes vœux sont fragiles. Si tu avais été infidèle, tes joues ne seraient pas si pâles! Ils disent aussi que tu as porté si long-temps ces chaînes flétrissantes, qu'elles ont laissé sur ton cœur leur servile et profonde empreinte. Oh ! ne les croyez pas ! Aucune chaîné ne put dompter cette âme ardente. Où brille ton esprit, là brille aussi la liberté (29) !

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