‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 152 sur 210 · LE DEPART · texte numérisé non relu

LE DEPART

Quoique je voie disparaître avec douleur le rivage lumineux d'Érin, cependant, auprès de toi, je retrouverai partout l'île Verte.

Dans l'exil, ton sein sera ma patrie, tes yeux mon ciel en quelque lieu que nous errions.

Je fuirai avec mon Men-aimé dans quelque sombre désert, sur la froide falaise où l'œil de l'étranger ne nous épiera plus, et l'ouragan furieux me semblera moins redoutable que l'ennemi courroucé que nous laissons derrière nous.

Je contemplerai la chevelure dorée qui couronne ton front gracieux , et penchée sur ta douce harpe, je l'entendrai exhaler

(41) «Il sera semblable à la bruyère du désert.» [Jérémie, XII, 6.)

(42) « Renversez ses remparts, que le Seigneur n'éleva pas.» [Jérémie, v, 10.)

(43) «Les jours approchent, dit le Seigneur, où elle ne sera plus nommée Tophet, ou la vallée du fils d'Hinnom, mais la vallée de Carnage, car ils y entasseront leurs morts jusqu'à ce. qu'ils ne puissent plus y trouver de place.» [Jérémie, vu, 32.)

ses sauvages accords, sans plus craindre que le Saxon au cœur glacé n'arrache une corde à ta harpe, une boucle à tes cheveux (44).

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