A SA MEMOIRE
Ce ne sont point les larmes versées à cette heure où la froide terre vient d'être jetée sur lui, qui peuvent dire combien l'âme qui s'est enfuie nous était chère, combien nous la pleurons au profond de nos cœurs ! ce sont les pleurs de tous les jours pendant une longue vie que sa mort a plongée dans le deuil ; c'est le triste souvenir , précieusement conservé, quand de moindres douleurs se sont effacées !
Oui ! c'est ainsi que nous le pleurerons ! La lumière de sa mémoire brillera dans nos cœurs et les purifiera ; la vertu nous semblera plus belle, la vérité plus éclatante, en songeant qu'il n'a vécu que pour les aimer! Comme les saints trépassés parfument le tombeau, où, incorruptibles, ils ont long-temps dormi, nos cœurs emprunteront un parfum de vertu à cette chère image (52).