‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 166 sur 210 · L ADIEU DU POETE · texte numérisé non relu

L ADIEU DU POETE

Tranquille dans la mort quand je reposerai, oh ! portez mon cœur à ma bien- aimée; dites-lui : Il a vécu de vins et de sourires lorsqu'il languissait ici-bas. Belle, ne souille pas d'une larme douloureuse ce cœur si brillant, si joyeux, mais emprunte à la grappe empourprée ses pleurs, et du soir jusqu'au matin baigne la gaie relique dans les gouttes parfumées !

Quand les joies de mes chants seront évanouies, portez ma harpe à vos antiques salles, suspendez la à cette porte amie où le voyageur fatigué aime à frapper (55). Alors si quelque barde, pauvre, errant, réveille en passant une note sonore, oh ! en mémoire de celui qui jadis les fît résonner, accueillez d'un sourire le fils de la chanson ! Gardez pour orner vos banquets, quand moi je dormirai, cette coupe qui maintenant s'épanche. Que jamais, jamais sa rosée ne parfume les lèvres que fuient celles de la beauté!

(55) Dans chaque maison il y avait une ou deux harpes destinées aux voyageurs, qui étaient d'autant mieux reçus, qu'ils excellaient davantage en musique.

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