‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 17 sur 210 · RIVIÈRES D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

RIVIÈRES D'ESPAGNE

La Bidassoa : de bed, fruit; as, torrent, et ua, pays. "

L'Ebre : de ebar, boue.

Le Guadalquivir ou Bœtis : de beit, double, parce qu'il a deux branches qui se réunissent.

Mondoneda : de maon, héros, et donadas, malheureux.

Un officier de mes amis, qui a servi dans la guerre de la péninsule, m'apprit qu'un des régimens d'infanterie s'appelait encore aujourd'hui Espinados mondonedas . Voici ce que la tradition a appris à ce sujet : Une conspiration fut tramée contre la vie du souverain, mais son palais, qui fut attaqué par une force supérieure, avait été si bien défendu par sa garde, que les assaillans furent repoussés avec perte. Cependant ce régiment avait tellement souffert, que de trois cents hommes il n'en survécut que trente.

Le roi ayant voulu les récompenser, ils demandèrent seulement que leur régiment, composât désormais la garde du roi d'Espagne. Le mot mondonedas n'a pas de signification en espagnol, et comme l'époque où cet événement a eu lieu est encore inconnue, il faut croire qu'il date d'une très-grande antiquité, lorsque le gaélique était la langue du pays. Comme le mot maondonedas s'adapte parfaitement à cette légende, cet officier en fut frappe et m'assura qu'en Espagne, bien que personne n'eût connu la signification du mot, l'histoire elle-même était extrêmement populaire. Cette rivière et la ville épiscopale de la Galicie ont emprunté leurs noms de cet événement.

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