‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 177 sur 210 · A SON ALTESSE SÉRÉNISSIME LE DUC DE MONTPENSIER · texte numérisé non relu

A SON ALTESSE SÉRÉNISSIME LE DUC DE MONTPENSIER

Sur son portrait de lady Adélaïde F..r.,bes.

Doninglon-Park, 1802.

Atteindre la pensée par la magie des couleurs, quelque cachée, quelque fugitive qu'elle soit , et rendre sur la toile enchantée la silencieuse histoire de l'âme ;

Sur les formes de la nature n'avoir qu'à jeter l'œil, pour fixer, par de décevantes lumières et de trompeuses ombres, ses teintes matinales avant qu'elles s'enfuient, et ses rougeurs du soir avant qu'elles s'éteignent!

C'est là le plus grand effort du pinceau, le plus divin des célestes pouvoirs qui illuminent les visions fleuries des muses, et cette puissance, ô prince ! elle est bien grande en toi !

Cependant, quand l'amitié te voit tracer, avec une expression émanant de l'âme, les doux souvenirs de traits sur lesquels son œil se plaît à reposer ;

Tandis que sur ce regard si serein, si charmant, ce sourire de paix, cette fleur de jeunesse, cette joue qui rougit d'être vue, cet œil, reflet si vrai de l'âme ; tandis que sur chaque ligne, si délicate et si pure, son attention erre, poursuit et s'attache, ravie, bénissant la main qui a su reproduire avec de si riches teintes ces formes chéries, elle sent toufce la valeur de ton art et le proclame avec une ardeur plus vive, une ivresse plus grande, que ne put jamais l'éprouver le critique du goût le plus pur.

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