‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 181 sur 210 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

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Fragmens d'Eschyle.

poursuivaient plus, et le flot, accueillant le retour du calme , retombait pesamment, se rappelant encore la houle apaisée !

Mon âme réfléchissait cette sérénité, ses passions étaient assoupies, muettes comme la mort, et mon esprit calmé se rappelait leur empire, comme la vague, encore émue, se rappelait la brise qui avait fui!

Je pensais à ces jours où mon cœur ne saluait d'un regret ou d'un sourire que le plaisir seul, où la plus triste émotion qui soulevât mon sein était une dédaigneuse pitié pour quiconque se montrait plus sage que moi !

Maintenant j'avais senti comment la pure flamme de l'intelligence perd son éclat céleste dans de grossières jouissances; j'avais seoti que dans la prodigue coupe du désir, la perle de l'âme est bien vite absorbée !

Je priai alors, je demandai à l'esprit qui avait allumé la flamme, que sa pureté ne fût plus ternie par le souffle de la volupté, et que je pusse lui rendre à peine obscurci, ou dans tout son éclat, le diamant précieux tel que je le reçus.

C'était une pensée d'extase! Il semblait que le ciel laissât déjà voir la couronne de l'éternité! Il semblait que les passions fussent toutes purifiées , les erreurs effacées, et que mon cœur eût repris sa pureté primitive !

Je regardai à l'ouest : la magnifique étendue, nuageuse le matin, resplendissait alors. Oh! puisse ainsi, m'écriai-je, puisse un œil céleste lancer ses rayons sur mon âme auparavant plongée dans les ténèbres !

POÉSIES FUGI-HYES. 259

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