LE LAC DU FATAL MARAIS
Ballade écrite de Norfolk dans la Virginie, Amérique septentrionale.
« On raconte qu'un jeune homme qui avait perdu la raison à !a mort d'une jeune lille qu'il aimait, disparut tout-à-coup, sans que ses amis ou ses proches aient jamais pu savoir ce qu'il était devenu; comme il avait dit souvent, dans se-; ac«s de délire, que la jeune fille n'était pas morte, mais partie pour le fatal marais, on supposa qu'il était allé dans cet affreux désert, et qu'il y était mort de faim ou qu'il avait péri englouti dans quelques-unes de ses terribles fondrières.
« La poésie a ses monstres comme la nature. »
« Ils lui ont creusé une fosse trop humide et trop froide pour un cœur si brûlant et si vrai, et elle est partie pour le lac du
(31) La caverne près de Samos, où Pythagore passait la plus grande partie des jours et des nuits à méditer les mystères de sa philosophie, à l'instar des Mages.
(32) Le tétractys ou nombre sacré des Pythagoriciens , sur lequel ils juraient solennellement, et qu'ils appelaient ïlaysC. ocsvaov <pvo-£6>; «la source de l'incessante nature. »
(33) Ce diadème représente l'analogie qui existe entre les notes de la musique et les couleurs du prisme.
, (34) Le grand et redoutable marécage, nommé dans le pays the Dismal Swamp, est situé à dix ou douze milles de Norfolk : au m lieu est un lac d'environ sept milles de long appelé l'Étang de Drummond.
lugubre marais, où, tout le long des nuits, à la lueur de la mouche de feu, elle rame et gouverne son blanc canot.
» Ah! je verrai bientôt voltiger sa lampe de flamme vivante! bientôt j'entendrai sa pagaie! Notre vie sera longue et toute d'amour; et quand la mort sera proche, je cacherai ma fiancée dans le tronc d'un cyprès ! »
Il se hâte , il court au marécage du désert : le sentier était âpre et triste ; il marche à travers les ronces enlacées et les buissons du genévrier épineux ; il foule aux pieds plus d'un repaire où habite le serpent, et où jamais auparavant l'homme n'a pénétré.
Quand sur la terre il se couche pour dormir, si le sommeil appesantit ses paupières, la vigne mortelle distille sur lui ses pleurs empoisonnés , et la vapeur malsaine des nuits l'enveloppe comme un linceul.
Près de lui la louve agite le taillis, et le serpent bronzé respire à son oreille, jusqu'à ce qu'éveillé de son rêve, il s'écrie en tressaillant : «Oh! quand verrai-je le sombre lac et le blanc canot qui porte mes amours?»
Il vit le lac; un brillant météore se jouait à sa surface. «Sois bien venu, dit-il, flambeau nuptial!» Et pendant bien des nuits l'écho de la rive déserte répéta le nom de la vierge glacée par la mort !
Il creusa le tronc d'un hêtre et en fit un bateau qui l'emporta loin du rivage ; il suivit long-temps l'étincelle dansante. Les vents soufflaient avec fureur, les nuages étaient sombres, et le bateau ne revint plus.
Mais souvent, à minuit, au milieu de la brume, le chasseur indien, qui veille dans la forêt, voit ce couple fidèle diriger sur le lac sa blanche barque à la lueur de la mouche de feu!
Louise Sw-Belloc.
fin des poésies fugitives.