A UNE MOUCHE LUISANTE
Ce matin, quand la terre et le ciel rayonnaient aux rougissantes lueurs du printemps, je ne te voyais pas, humble mouche, et je ne pensais guère à ton aile éclatante.
Mais maintenant que les cieux ont perdu leur éclat, et que la lumière ambiante du soleil ne joue plus autour de nous, je te vois et je te bénis d'éclairer notre sombre route.
Oh! laisse-moi espérer qu'ainsi pour moi quand la vie et l'amour verront se flétrir leurs couronnes, quelque plus douce joie descendra , comme toi, pour éclairer sinon réchauffer mes ténèbres!
Et il ne me fallait plus que deux vers pour compléter mon
œuvre, quand, au moment où je me complaisais dans l'euphonie, cette diligence que le bon Brissot, au cerveau critique non moins que sage, appelait la vraie machine politique (25) ; la machine donc , avec toute sa charge d'oncles , de nièces , d'étudians , le tout pêle-mêle, roulé et renversé, tombe en un trou et se brise en éclats 1
(25) «Les diligences américaines sont de vraies voitures politiques. » ( Voyages da Brissot, sixième lettre.) — Il n'y a rien de plus divertissant que les singeries de certains voyageurs français. Dans une des lettres de Clavière, qui précèdent celles do Brissot, à propos de leur plan commun pour établir une république de philosophes dans quelque partie du monde occidental, il supplie Brissot de mettre une attention toute particulière à ne pas choisir un endroit où il y ait des mousquites. — En vérité, ne quid respublica detriment* caperet !