RIVIÈRES DE LA GAULE
Alduabis : de al, rocher ou pierre, et dub, noir, ou la rivière noire et rocailleuse.
L'Allier, qui se jette dans la Loire : de al, pierre, et liogad, lent.
Le Cher : de cear, rouge, rougeàtre.
La Creuse, qui se jette dans la Vienne : de creuc, rouge.
La Dordogne, Durianus, qui se jette dans la Garonne : àedord, qui murmure, et aban, rivière; se prononce Dordaun.
Le Doubs, qui se jette dans la Saône : de dob, ruisseau ou rivière plus petite.
La Durance : de dub, noir, ou dur, eau, et aban, rivière.
La Garonne, Garumna : de garb, impétueux, et aban, rivière ; se prononce Ga<raun.
L'Indre : de inn, vague, et dur, eau.
L'Isère, Isara, qui se jette dans le Rhône : de uisge, eau, et ara, pays.
Lemanus, rivière et lac : de leam, bateau, et aban, rivière.
Liger, la Loire : de liugad, lent, rampant ; se prononce luer.
Le Lot, qui se jette dans la Garonne : de lot, boue.
Matrona, la Marne, qui se jette dans la Seine : de matair, mère, cause, c'està-dire source principale, et aban, rivière, se prononce matraun.
La Mayenne, qui se jette dans la Sarthe et dans la Loire : de ma, propre, pur, et aban, rivière.
L'Oise, Iscauna, qui se jette dans la Seine : A'uisge, eau, et aban, rivière, ou la rivière plus petite.
Le Rhin, Rhenanus : de rig, roi ou chef, et aban, rivière ; se prononce Reeaun.
Le Rhone, Rhodanus : de roid, rapide, et aban, rivière.
La Saône, qui se jette dans Je Rhône : de sa, courant d'eau, et aban, rivière ou bras de rivière plus petit.
Sequana, la Seine : de seac, gelé, et aban, rivière, ou la rivière gelée.
Le Tarn, qui se jette aussi dans la Garonne, vient de tarnac, bruyant.
La Vienne, qui se jette dans la Loire : de fionn, beau, pâle, agréable.
La Vilaine, qui se jette dans l'Océan, près la Roche-Bernard : de vili, port, et aban, rivière.
L'Yonne, qui se jette dans la Seine. Ce nom est l'abrégé à'isca etd'aban, qui se prononcent Iscaun.
Un grand nombre des rivières de la Gaule ont la terminaison gaélique A'aban, ou avon, ou aun, comme les Irlandais le prononcent. Ex. : Sequana, Matrona, Rhenanus, Rhodanus, Durinanus, la Vilaine, la Mayenne, la Vienne, l'Yonne, la Saône et la Durance. L'Oise est Ylsis, l'Uske et le "Wisk des Bretons. Nous ne voulons pas nous étendre davantage sur ce sujet, car c'est un fait démontré pour nous que le peuple qui leur a donné ces noms a dû parler la langue gaélique.
Si personne n'ignore le nom du peuple qui a donné aux rivières de l'Amérique du nord les épithètes de blanche, noire, grande ou petite , je ne vois guère pourquoi l'on douterait d'un fait qui est aussi bien démontré, c'est que les noms des rivières des Gaules leur furent donnés par les Celtes.
ET LA LITTÉRATURE IRLANDAISES. XXX j
L'histoire de leurs voyages contient des faits qui s'accordent en tout point avec celle des Phéniciens ; les circonstances, qui