Acte cinquième, scène première
Nythalonini ualon util si corathissima comsyth
Chim lacli chunyth mumys tyal myctkibarii imischi
Lipho canet hyth bynutliii ad œdin bynuthii.
Byrnarob syllo homalonira uby misyrthoko
Bythlym motbym noctohii ueleclianti dasmachon
Yssidele brin tliyfel yth cbylys chon. tliem liphul
Util, bynim ysdibur tliynno cuth nu Agorastocles
Ythe maneth ihy cliirsee lycoth sith naso
Bynni id cb.il luliili gubulin lasibit thym
Bodyalyt berayn nyn nuys lym monchot lusim
Exanolim uolanus succuratim mistim atticum esse
Concubitum a bello cutin béant lalaeant chona enus es
Huiec silic panesse atbidmascon aleni induberte felono buthume.
Celtum comucro lueni, at enim auoso uber hent liyach Aristoclem
Et te se aneche nasoctelia elicos alemus duberter mi comps uespti
Aodeanec lictor bodes iussum linininicolus.
Le même en latin.
Deos deasque veneror, qui hanc urbem colunt ut quod de mea re Hue yeneri te venerim, measque ut gnatas et mei fratris filium
ET LA LITTÉRATURE IRLANDAISES. xl]
Reperirem esiritis : id vostram fidem quœ mihi surreptse sunt.
Et fratris filium, qui mihi ante hac hospes Antimadas fuit
Eum fecisse aiunt : sibi quod faciundum fuit ejus filium
Hic prsedicant esse Agorastoclem. Deum hospitalem ac tesseram
Mecum fero, in hisce habitare monstratus regionibus.
Hos percontabor, qui hue egrediuntur foras.
Bochart pense que les dix premiers vers appartiennent à la langue phénicienne; il les explique en hébreu :
Na eth eljonim veeljonoth sechorath iismecun zoth
Chi malachai jitthemu : maslia middabarehen iski.
Lephurcanath eth béni eth jad udi ubenothui
Berua rob sellahem eljonim ubimesuratebem.
Beterem moth anoth othi helech Àntidamarchon
Is sejada il; Beram tippel eth chele seehinatim leophel.
Eth ben amis dibbur tham nocot nave Agorastocles
Otheim anuthi hu chior seeli choc : zoth nose
Binni ed chi lo haelle gebulim laseboth tham
Bo di ail thera inna ; Hinno, esal immancar lo sem.
Et les traduit ensuite en latin :
Rogo Deos et Deas qui hanc regionem tuentur
Ut consilia mea compleantur : Prosperum sit ex ductu eorum negotium
meum.
Ad liberationem filii meimanu preedonis, et filiarum mearum. Dii per spiritum multum qui estis in ipsis, et per providentiam suam Ante obitum diversari apud me solebat Antidamarchus, Vir mihi familiaris ; sed is eorum ccetibus junctus est, quorum habitatio
est in caligine.
Filium ejus constans fama est ibi fixisse sedem Agorastoclem (nomine). Sigillum hospitii mei est tabula sculpta, cujus sculptura est Deus meus :
id fero.
Indicavit mihi testis eum habitare in his finibus. Venit aliquis per portam hanc ; Ecce eum ; rogabo numquid noverit nomen
(Agorastoclis).
Voici comment le savant traducteur de Plaute, M. Naudet, a rendu ce passage :
Je supplie les dieux et les déesses qui habitent cette ville de faire que mon voyage ici soit un voyage heureux, et qu'il me conduise à mon but. Accordez-moi, dieux immortels, je vous en conjure, la grâce de retrouver mes filles et mon neveu avec elles; ces chers enfans qui m'ont été ravis.
J'avais autrefois dans cette ville un hôte appelé Antidamus : on dit qu'il a satisfait à la loi de nature ; mais on m'assure que son fils Agorastocles est ici. J'apporte avec moi le dieu et le gage d'hospitalité. On m'a indiqué sa demeure dans les environs. (Voyant sortir Agorastocles avec Milphion.) Je vais m'en informer auprès de ces gens qui sortent.
Xlij APERÇU SUR LES ANTIQUITÉS
Selon Bochart, les six derniers vers, écrits en langage Iybien, ne seraient qu'une répétition des dix premiers.
Nous comparerons maintenant ce discours avec l'irlandais qui en donne l'explication.
Plaute.
Nytli al o nim ua lonuth sicorathissi me com syth Chim lack chumytli mum ys tyal mycthi barii imschi.
Irlandais.
N'iaith ail o nimh uath lonnaithe! socruidhse mecomsith. O majestueuse divinité de ce pays, puissante et terrible, calme mon esprit
agité !
Chimi lack chuinigh! muini is toil, miocht beiridh iar mo scith. Toi, le soutien des faibles captives, que ce soit ta volonté de me servir de
guide à la recherche de mes enfans.
Plaute.
Lipho can ethyth by mithii ad œdan binuthii Byr nar ob syllo homal o nim ! ubymis isyrtboho.
Irlandais.
Liomhtha can ati bi mitche ad éadan beannaithe,
Puisse-t-il arriver que mes prières ardentes soient bien accueillies par toi, Bior nar ob siladh umhal ; o nimh! ibhim a frotha ! Fontaine qui ne refuses pas de couler pour le pauvre, ô Divinité! que ne puis-je boire de tes eaux!
Plaute.
Byth lym mo tbym noctothii nel ech an ti daisc machon Ys i de lebrim thyfe lyth chy lys cbon temlyph ula.
Irlandais.
Beith liom ! mo thime noctaithe, neil ach tan ti daisic mac coinne Sois avec moi ! mes craintes étant connues , je n'ai d'autre intention que
celle de retrouver mes filles.
Is i de leabhraim tafach leith, chi lis con teampluibh ulla. Cette requête particulière était celle que j'ai faite en déplorant leurs malheurs.
Plaute.
Uth bynim ys diburt hynn ocuthnu Agorastocles Ythe man eth ihychirsae lycoth sith nasa. Irlandais.
Uch bin nim i is de beart inn a ccomhnuithe Agorastocles ! O bienfaisante Divinité ! on dit qu'en ce lieu demeure Agorastocles. Itche manu ith a chithirsi ; leicceath sith nosa ! Si le motif de ma requête te paraît juste, accorde-moi maintenant le repos.
Plaute.
Buini id chillu ili guby lim la si bithym Bo dyalyther aynnyn mysly mono chetl us im.
ET LA LITTÉRATURE IRLANDAISES. xliij
Irlandais.
Buaine na iad cheile ile : gabh Horn an la so bithim' ! Ne les cache pas pour toujours... Oh! puissé-je retrouver mes filles
aujourd'hui !
Bo dileachtach nionath n'isle, mon eothoil us im. Orphelines, elles seront les victimes des hommes les plus vils, à moins que ce ne soit ta volonté de m'en donner des nouvelles. Piaule.
Ec anolim uo lanus suceur ratim misti atticum esse Con cubitu mabel lo cutin bean tla la cant chona enuses.
Irlandais.
Ece ail o nim uath lonnaithe ! socair ratai mitche aiticimse. 0 grande Divinité puissante, terrible, jette un regard favorable sur moi,
couronne de succès le vœu que je fais. Con cuibet meabail le cuta bean, tlait le caint con inisis. Sans détour et sans une lâche colère, dans un humble langage j'ai exprimé ma pensée.
Plaute.
Huie csi lee pan esse, athi dm as con alem in dubart felo no buth urne
Celt ume co mu cro lueni ! ateni mauo suber r benthyach Agorastoclem. Irlandais.
Huch ! caisi leicc pian esse athi dam, as con ailim in dubart felo
No buth urne. Hélas ! l'oubli de la demande que je t'ai exposée serait la mort pour moi ; ne me laisse tomber dans aucun piège.
Celt uaim c'a mocro luani ! athini me an subha ar beanuath Agarastocles.
Ne me cache pas mes propres enfans, et accorde-moi le bonheur de retrouver Agorastoclès.
Plaute.
Ex te se anechc na soctelia eli cos alem as dubert ar mi comps,
Uesptis Aod eanec lie tor bo desiussum lim nim co lus. Irlandais.
Ece te so a Neach na soichle uile cos ailim as dubairt ;
Ar me compais. Voilà, ô Divinité, le bonheur que je te demande avec instance.
is bidis Aodh eineac lie Tor, ba desiughim le mo nimh co lus.
Et il y aura, en signe de gratitude, sur les tours en pierre, des feux que je ferai brûler en ton honneur.