‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 39 sur 210 · LES SONGES ET LES FLEURS · texte numérisé non relu

LES SONGES ET LES FLEURS

Viens, si tu veux rêver d'amour , Viens tresser ta couronne au fond de la campagne ; Voici l'heure, hâtons-nous, ô ma jeune compagne ! Les songes dans les fleurs se cachent tout le jour.

De leurs frôles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin ; Hàtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes , Les songes et les fleurs ne seront plus demain.

Viens chercher le fragile espoir , L'amandier le balance en sa fleur argentée ; Viens, nous le saisirons sur sa tige agitée , Dans un rêve d'amour il est doux de le voir.

De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges; Le rêve d'une vierge est dans le frais jamin ; Hàtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes , Les songes et les fleurs ne seront plus demain.

Ne pose jamais sur ton sein L'effroi du meurtrier, la sombre mandragore ; De, sa tige brisée un cri s'échappe encore, Avec le rêve affreux qui poursuit l'assassin.

De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin ; Hàtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes , Les songes et les fleurs ne seront plus demain.

Cherchons celui qui vient des cieux , Il console, en dormant, la douleur méprisée; Des larmes de la nuit la vanille arrosée Parfume son sourire et son vol gracieux.

lviij APERÇU SUR LES ANTIQUITES

De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin ; Hàtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes , Les songes et les fleurs ne seront plus demain.

» Une révolution de trente années séparait les époques où les druides cueillaient le gui dans une fête solennelle. C'était au temps de la moisson, le sixième jour de la lune, qui, dans les Gaules, commençait les mois, les années et les siècles. On se rassemblait sous un chêne antique ; deux taureaux blancs étaient amenés pour le sacrifice ; un grand festin était préparé. Vêtu d'une robe blanche, un druide montait sur le chêne, cueillait, avec une serpe d'or, les grains de la plante sacrée ; d'autres druides recevaient la moisson religieuse dans un sac de lin. Alors les taureaux étaient immolés; le festin succédait aux sacrifices, et la pompe du jour s'achevait dans les prières, en invoquant les dieux. »

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