‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 40 sur 210 · CULTE DES FONTAINES. — PÈLERINAGES · texte numérisé non relu

CULTE DES FONTAINES. — PÈLERINAGES

Les fontaines et les rivières avaient leurs dieux chez les Celtes. Le dieu des rivières s'appelait Divona, qu'ils prononçaient Divaun; ce mot dérive de Dia, Dieu, aban, rivière. On trouve dans l'histoire de saint Patrice le passage suivant : « Et saint Patrice se rendit à Fina-Maège, appelé depuis Slane, parce qu'il avait appris que les mages avaient adoré le dieu de cette fontaine.» Les Irlandais ont l'habitude de visiter ces fontaines, principalement celles qui sont dans le voisinage d'un vieux chêne ou d'une pierre droite non taillée, et de suspendre des haillons aux branches des arbres, coutume dominante parmi les peuples de l'Orient. L'olivier sauvage de l'Afrique et l'arbre sacré des Hindous portent ordinairement ces marques d'adoration et rappellent l'Irlande au voyageur.

Ces anciennes coutumes semblent enracinées dans ce pays, où le culte rendu jadis à Baal est remplacé de nos jours par celui de saint Jean-Baptiste; le culte de la vierge Marie, à qui l'on donne le titre de Reine du ciel, a succédé à celui de Bélasama. Les gâteaux que les juifs idolâtres, à l'exemple des Phéniciens, faisaient en l'honneur de la reine du ciel sont encore très-populaires en Irlande, et portent le nom de barn brack. Un auteur a laissé une description fort exacte d'un pèlerinage à une de ces fontaines. Charles O'Connor, dans sa troisième lettre signée Columbanus, et adressée à son frère, donne des détails fort

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