ET LA LITTÉRATURE IRLANDAISES. IXXXIX
La mort du barde Ferceirtnc offre une grandeur d'âme, en même temps qu'elle fournit une preuve de dévouement et d'affection à son bienfaiteur , sans exemple dans les annales d'aucun pays.
Ferceirtne était le barde favori de Conrigh, chef célèbre du comté de Kerry ; ce guerrier et le chevalier Congculioni brûlaient tous deux de la plus vive passion pour la jeune Blanaide. Après avoir long-temps soupiré en vain, les jeunes seigneurs
qu'en 17S7. Il fut alors rendu à ce pays par le docteur O'Kclly, supérieur de ce collège, cl déposé à la bibliothèque de l'Académie royale de Dublin. Le livre de Ballimote, qu'on dit avoir été aussi rapporté de Paris, fut présenté à la même bibliothèque. Il paraît, par une note insérée dans ce volume, qu'il fut acheté, en 1522, par Hugh O'Donnell de Mac Donogh de Corran, pour cent quarante vaches à lait. Rien de ce que contiennent ces deux volumes n'a été publié. Ce Dinn Seanclws renferme des poèmes de Finin Mac Luchna, barde du second siècle, de Fionn Mac Cubhail et de Fergus Fionribell, qui vivaient avec le célèbre Oisin, au troisième siècle.
Leabhar Breac ou Livre tacheté, recueil précieux qui se trouve à la bibliothèque de l'Académie royale de l'Irlande.
Outre ces registres, les Irlandais avaient du temps du paganisme le Livre blanc et celui des Conquêtes, rapportés en entier dans le Psautier de Cashil. Depuis le christianisme, le livre Na-Gceart, moitié en irlandais, moitié en latin le Psautier Na-Rann, ceux de Cashil , d' Armagh , et le Martyrologe de Gorman.— Les Annales d'TJltonie, nommées Ultonienses par Usserius, écrites partie en irlandais, partie en latin, et achevées dans le seizième siècle par Cassidy, archidiacre de Clogher. — Les Annales de Tigernac, écrites en irlandais dans le onzième siècle. — Les Annales d'Innis Fail, écrites au treizième siècle. La plupart de ces pièces existent encore en entier. On trouve les autres par extraits épars dans les livres de Lecan, de Mologa, de Mholing, d'O'Duvcgan, dé Mac Egan,de Moel Conry, d'O'Brodccn, d'O'Doran, d'O'Duneen, etc.
Tous les auteurs ont écrit les uns après les autres; ils ont transmis de siècle en siècle, et comme de main en main, le fil de leur histoire depuis l'origine de ce peuple jusqu'au douzième siècle.
Le Leabhar Na-Gceart ou le Livre des Droits contientun détail des droits et des revenus du monarque d'Irlande, et des revenus et subsides des rois provinciaux. Il fut dans l'origine compilé par saint Benin, qui mourut l'an 468 de Jésus-Christ. Il est inséré dans les livres de Ballimote, page 147, et de Lecan, page 184. Ce traité prouve que les anciens Irlandais étaient gouvernés d'après quelques-uns des meilleurs principes de la liberté civile. Dublhach (a), dans son poème sur l'ordre des bardes, dit que les poètes savans et les antiquaires étaient exempts de tribut, aussi long-temps qu'ils exerçaient leur profession. Ils avaient un accès facile auprès des rois et des nobles, ; ils conservaient les souvenirs de la nation et les généalogies des familles, et ils instruisaient la jeunesse dans les arts et les sciences. Les princes irlandais, comme les Arabes, retenaient toujours auprès d'eux leurs baedes, leurs musiciens et leurs conteurs d'histoires. Ceux-ci étaient les historiens et les hérauts du royaume.
(a) Joceline, qui vécut au douzième siècle, dit de Dublhach : « Carmina quae quondam peregit in laudem falsorum deorum, jam in usum meliorem mutans et linguam, poemata clariora composuit in laudem Ômnipotentis. » Ch. XLV.