CXÎV APERÇU SUR LES ANTIQUITÉS
Réjouie à tes feux, sur la verte fougère, Bondir de toutes parts.
Ah ! dans le juste orgueil de ta sublime course, Crois-tu rouler sans cesse au-dessus des vallons,
Sans épuiser tes beaux rayons ?
Un malfaisant esprit peut dessécher ta source ; Tu pâliras alors, malgré ta majesté :
Dépouillé sans retour de puissance et de gloire, Soleil, tu garderas ton enveloppe noire ( 1 ) Pendant l'éternité !...
Ceci prouve de reste que l'élévation des pensées et l'éclat des images ne manquaient pas aux bardes calédoniens. De nombreux exemples dans ce genre pourraient encore être allégués; car si les prétendues poésies d'Ossian sont riches en belles figures, elles ne le sont pas moins en maximes morales de la plus haute portée. Le ton, en général, est toujours à la hauteur du sujet; et dans ceux où il est question des guerres tentées par les Romains contre ces peuplades intéressantes, on voit leurs bardes prodiguer des trésors de poésie pour peindre les succès des hommes de la nature contre les maîtres du monde. Aussi, dans le petit poème dramatique de Comala, les bardes de Fingal ayant à célébrer son triomphe sur les troupes de Caracalla, s'adressent au cours du Carron , petit fleuve sur les bords duquel s'était donnée la bataille.