‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 57 sur 210 · ÏCVJ APERÇU SUR LES ANTIQUITÉS · texte numérisé non relu

ÏCVJ APERÇU SUR LES ANTIQUITÉS

pant de temps en temps du bout de sa lance. La même cérémoDie avait lieu trois nuits successivement.

Le Laoi na Seilge, l'un des plus célèbres de ces poèmes, contient un bel épisode qui peut donner une idée du mérite, du style et des fictions poétiques de ces siècles. Quelque frivoles que puissent paraître à l'antiquaire ces restes de l'ancienne poésie, ce sont les seuls guides qui peuvent nous faire connaître l'origine et les progrès de la poésie nationale.

Cette ballade romanesque offre autant d'intérêt que les plus célèbres légendes d'Ariosie. Fin, qui venait de convier ses chefs à une fête qu'il donna dans son palais d'Àlmhain, se dérobe un instant à ses amis pour aller se promener dans les plaines du voisinage, suivi seulement de ses deux fidèles chiens, Bran et Sgeolan. Dans ce moment paraît une biche que les chiens poursuivent jusqu'à la montagne de Sleive Guilin. Parvenu aux bords d'un lac, Fin aperçoit une jeune femme éplorée, qui, les cheveux épars, ne pouvait se consoler de la perte d'une bague qu'elle laissa tomber dans l'eau. La magicienne Guilin, qui avait pris la forme de cette jeune beauté pour tendre un piège au héros, le métamorphose en un vieillard infirme. Ses amis, inquiets de son absence, après l'avoir cherché partout, arrivent sur ces entrefaites, le placent sur leurs boucliers, et le portent à la grotte de l'enchanteresse. Celle-ci, cédant à leurs menaces et à leurs prières, finit par le rendre à son état primitif.

Au commencement du poème, Oisin interroge saint Patrice au sujet d'une partie de chasse à laquelle Fin prit part sans être accompagné de ses amis. Le saint dit qu'il n'avait jamais entendu parler de cette partie de chasse, et prie le barde de lui en faire le récit. Oisin se rend à ses désirs ; mais, oubliant bientôt le sujet de leur conversation, il disserte sur la bravoure des Finiens , les talens poétiques de Fergus, la valeur et la magnificence de Fin. Une espèce de controverse religieuse s'établit entre Oisin et l'apôtre, dans laquelle le barde païen parle avec peu de respect de la Divinité. Enfin, cédant aux instances du saint, il lui fait une description de cette chasse, dans laquelle une magicienne puissante avait fait subir à Fin plusieurs métamorphoses.

Dans ce dialogue poétique, Oisin, parlant des talens de son père, s'écrie : « Lorsque Fin, assis sur une colline, pour plaire » à ses héros, faisait entendre des chants capables de dompter » les cœurs les plus durs, ô combien ses accords furent plus » doux que yos hymnes ! »

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