‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 71 sur 210 · ET LA LITTÉRATURE IRLANDAISES. CXV · texte numérisé non relu

ET LA LITTÉRATURE IRLANDAISES. CXV

avantages et les obstacles contre lesquels il leur a fallu lutter pour se livrer à leurs travaux.

BIOGRAPHIE DE CAROLAN.

Le public, toujours curieux de connaître ce qui regarde les hommes de génie, ne lira pas sans intérêt les détails peu connus jusqu'ici sur la vie et les poésies de ce barde. Ces documens ont été puisés aux sources les plus authentiques. Aous avons renoncé pour le moment au plan que nous avions conçu d'abord, et qui, sous le titre de Carolaniana, devait faire connaître les vieilles coutumes irlandaises, dans des notices biographiques sur ce barde et sur ses contemporains. Carolan, l'un des bardes modernes les plus distingués de l'Irlande, descendait d'une ancienne famille du lkeifnoy ; il naquit vers l'année 1670, dans le comté de Meath. Son génie poétique ne s'annonçait pas par des dispositions précoces ; l'état qu'il embrassa par nécessité, devint plus tard celui de son choix. Le vénérable Charles O'Connor, son ami, en parlant de notre barde, malheureux proscrit, victime des troubles du dix-septième siècle, dit que pour l'honneur de sa profession il l'exerçait avec le plus parfait désintéressement. On le traitait partout avec les égards que méritait son talent, et ses amis voyaient avec regret s'approcher le moment qui allait séparer d'eux cet homme estimable, qui vécut heureux et qui a prouvé que, même dans la position la plus douloureuse, le vrai génie reste toujours supérieur au malheur. Le père de Carolan, comme tant de milliers de ses compatriotes, fut réduit à la misère, tandis que les puritains révolutionnaires de l'Angleterre exerçaient la plus affreuse tyrannie sur les pauvres Irlandais dans les domaines confisqués sur leurs ancêtres. Obligé de fuir le lieu de sa naissance, n'ayant pour appui que l'amitié et les conseils de sa compatriote madame Saint- George, il alla se fixer à Carriskonshannon, dans le comté de Leitrim. Après la mort de cette dame, il trouva dans la famille de madame Dermott Roe une amitié qui ne s'est jamais démentie dans tout le cours de sa vie. Cette dame le lit élever avec ses enfans à son château d'Alderford ; il ne tarda pas à acquérir une connaissance approfondie de la langue irlandaise, et lit même en anglais des progrès assez remarquables. Il se lia vers cette époque avec la vieille et noble famille irlandaise de Belanager, dans le comté de Roscommon. Le vénérable O'Connor, descendant des anciens rois d'Irlande, relégué dans une ferme

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