‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 79 sur 210 · ET LA LITTERATURE IRLANDAISES. CXXÎX · texte numérisé non relu

ET LA LITTERATURE IRLANDAISES. CXXÎX

de Costello, qui devint éperdument amoureux d'une jeune fille de ce comté ; le trop sensible moine, après avoir épanché son àmc dans ces couplets si tendres , pour ne pas manquer à ses vœux, partit pour une terre étrangère où il mourut. L'air en est doux et plaintif.

La jeune fille à la blonde chevelure. — Voici un de ces airs si doux qui se chantent dans presque toutes les chaumières, où les histoires de Fin, racontées le soir au coin du feu, et les anciennes ballades qui rappellent le temps passé, servent à faire oublier au paysan sa misère. A l'exception de quelques familles d'origine irlandaise, ces chants si mélodieux sont inconnus aux seigneurs; ils sont relégués dans la cabane du pauvre, qui les conserve avec vénération, comme souvenirs d'un temps meilleur. Trotter, dans son itinéraire en Irlande, s'exprime ainsi :

«J'ai entendu chanter, dans l'idiome du pays, par une Ir- » landaise, un vieil air national; il était plaintif et d'une mé- » lodie remarquable.» Rien n'est plus exact que cette description. Cette musique et cette poésie si belle par les sentimens qu'elle exprime, sont restées jusqu'ici inconnues, grâce à l'intolérance protestante.

Le Droigheanan Dunn, ou l'Aubépine, mérite d'être cité comme une des ballades les plus populaires. Les paroles en sont suaves et simples, et l'air plaintif et tendre est un de ceux qui manquent rarement de faire sur le cœur une impression profonde. Le Droigheanan est d'une grande antiquité; on le chante principalement dans les chaumières de la province de Connaught. Trotter dit , dans un traité qu'il a fait sur la musique irlandaise : «L'on croit que le Drionan Don a existé avant l'ère chrétienne; que cet air fut composé pour célébrer le Baal tinne, ou de nos jours, le feu de saint Jean, fait principalement de ces aubépines. C'est, ajoute-t-il, une des mélodies les plus délicieuses et les mieux connues; elle prouve que si l'Irlande excellait en architecture, comme ses tours rondes peuvent l'attester, elle ne s'est pas moins distinguée dans la musique, même aux époques les plus reculées. S'il est impossible de remonter à l'origine de ces œuvres, elles restent du moins comme monumens irrécusables de leur antiquité. »

Cet auteur, en traversant, il y a quelques années, les plaines du comté de Mayo , entendit chanter le Droigheanan Dunn par une paysanne dans une chaumière, près le lac Con. Il s'en est toujours souvenu avec un vif plaisir. En voici une autre qu'elle chanta sur le vieil et joli air irlandais La jeune fille à Bed-

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