CHANT TROISIÈME
Le jour est menaçant : la vague de plomb dort immobile et noire, tandis qu'en haut l'ouragan promène entre le ciel et la terre les vapeurs pendantes comme les haillons d'un dais en lambeaux ! Pas un nuage dans cette plaine bleue qui ne parle de tempêtes à venir ou passées. Ici, la nue s'effrange comme la crinière d'un cheval de guerre que fait flotter la brise ; là, roulée en sombres et grossissantes masses, elle s'enorgueillit d'être la demeure du tonnerre ! Ailleurs, déjà crevassée, elle efface et noie à l'horizon les limites du ciel, comme si l'orage avait déchiré le sein puissant qui lui donna naissance, et après avoir balayé le firmament, se précipitait furieux vers la terre* Et cependant au-dessous tout est calme encore ; le silence est sans souffle, profond, terrible, plus effrayant que les hurlemens de la tourmente. Le plongeur de perles se dirige vers les bois d'Ormus, et amarre sa nef au rivage en attendant une heure plus propice. Les oiseaux de mer volent vers la côte avec des cris sinistres. — Le pilote a fait plus d'une halte sur la plage, et levant les yeux, il a long-temps regardé la vaste étendue. Tout était prophétique, morne, terne comme l'âme d'Hinda, quand la barque qui la portait s'éloigna lentement des rives de la Perse. — Point de musique pour accompagner le son de la rame plongeante (40) ; point d'ami qui tarde sur la plage effacée pour agiter encore de loin une main qui ne se voit pas, pour crier un adieu qui ne s'entend plus. — Seul, inaperçu, le vaisseau suit sa triste route hors de la baie, comme une barque abandonnée à son mauvais destin franchit en silence la Porte des Larmes (41).
Où donc était alors le redoutable Ai-Hassan? Ce saint fléau des hommes n'a-t-il pu dérober une minute au carnage pour
ce dernier adieu? Non. — Retiré au fond de son palais, tour à tour maudissant et priant, il se repaît de la nuit de mort qui approche : il flaire le sang avec l'instinct pénétrant et sûr du vautour qui sent sa proie dans l'haleine encore chaude et vivante (42) ! tandis que sa fille éplorée fuit sur les vagues, loin de ces scènes de meurtre, pareille à une colombe de Babvlone (43), qui, lâchée pour annoncer la victoire, revole vers son nid, mais hélas! l'aile souillée par les mains rouges de ceux qui la retinrent prisonnière!
Ce nid qu'elle va chercher, le souvenir de cette demeure depuis long-temps quittée, ne peuvent-ils rallumer un éclair de joie sur ses joues? les fleurs qu'elle a plantées, — ses bosquets bien connus où si souvent son âme a erré dans ses rêves, — ses chères gazelles qu'elle verra venir bondissantes au-devant d'elle avec leurs clochettes d'argent, le nouveau plumage de ses oiseaux à admirer, ses poissons agiles et étincelans qu'elle a laissés enveloppés de réseaux d'or, se poursuivant autour de leur bassin de jaspe (44), — sa mosquée des jardins qu'elle Ya revoir, et son doux berceau d'acacia parfumé où elle pourra encore le soir aller dire son rosaire de rubis : toutes ces délices qui l'attendent ne sauraient-elles rappeler sur son front un rayon de soleil ? Non. — Silencieuse, elle sent déjà son cœur se glacer sous sa sentence de mort, et s'assied à l'écart, belle en sa tristesse, comme l'ange pâle des tombeaux; elle voit en frissonnant s'élever au-dessus des vagues larges et orageuses ces tours où dans quelques heures solennelles et courtes, la marée de sang montera, odieux encens offert au soleil de demain!
« Où es-tu, mon glorieux étranger! si tendrement aimé, si tôt perdu? où es-tu maintenant? Ennemi, — Guèbre, — infidèle, — quel que soit le nom profane que tu es condamné à porter, toujours radieux, toujours cher à ce cœur qui t'aime plus que sa vie, qui que tu sois ! oui, — Allah ! dieu terrible ! oui, s'il y a faute, s'il y a crime, que ces noires vagues qui roulent autour de nous m'engloutissent sur l'heure avant que mon âme, oubliant foi, — patrie, — père, — tout, — se prosterne devant son idole terrestre, et l'adore au mépris de Toi. — Oh! je l'aime d'un tel
amour, que ton Paradis même serait terne et sans joie, si je ne le partageais avec lui ! »
Ses mains étaient jointes — ses yeux levés au ciel laissaient tomber leurs larmes comme s'épand en pluie le nuage qui voile la lune ; et quoique la passion audacieuse et profane brûlât ses lèvres délirantes, il y avait sur son front une chaste clarté, dans ses regards une sainte innocence, qui disaient que cette âme errante et torturée sur la terre avait le ciel pour patrie. Oui, car un esprit d'une trempe aussi belle reste pur alors même qu'il s'égare ; ainsi un rayon de soleil, brisé dans le ruisseau et détourné de sa route, est encore le soleil !
Elle a tout oublié, hors une pensée, une seule : — elle ne voit pas la tempête qui s'élève, — ni la vague qui jette en passant l'ombre de minuit; — elle n'entend pas les malédictions répétées, le tumulte croissant au-dessus de sa tête, — le choc des sabres, le bruit des voix, qui rivalisent avec la querelle des eaux et des cieux. — Écoutez ! — ce cri sauvage parti du pont, ce craquement qui semble annoncer que mâts, voiles, vaisseau, tout se brise, au milieu des hurlemens et des grincemens de dents du désespoir !
Ciel miséricordieux! qu'est-ce donc?
Ce n'est pas l'orage, quoique la puissante barque ait violemment tressailli en montant sur l'énorme houle. — « Pardonne, ô Dieu ! pardonne ! » s'écrie la vierge à genoux et tremblante, car elle sent que l'heure du jugement est proche. Ses femmes, couchées autour d'elle, à demi mortes de frayeur, se tiennent embrassées, sans haleine, éperdues. — Encore un craquement!
un second, — un troisième ! — tout-à-coup, comme si un
coup de foudre eût ouvert les planches gémissantes, le pont s'enfonce et croule. — Oh ! que d'horreurs alors ! le sang, les vagues, les cordages, les sabres et les hommes descendent pèle mêle à travers le gouffre. Quelques-uns combattent dans les spasmes de l'agonie, — d'autres crient : «Dieu! — Iran! » et tombent morts.
Quelle main détourna d'Hinda le flot de la mêlée furieuse? Qui l'arracha de dessous ce chaos de débris et de mourans? elle
l'ignore. — Un froid déglace a passé sur elle, et son corps affaissé est tombé au milieu des ruines comme une pâle fleur foudroyée par la pluie rouge d'un volcan. Mais que d'effroyables vues, que de sons horribles ont épouvanté ses sens avant qu'ils l'abandonnent! Le pont qui bâille, la foule qui se rue sur les planches chancelantes, — les voiles déchirées dont les lambeaux sanglans flottent comme de rouges drapeaux sur les têtes de ceux qui luttent, — le cliquetis des sabres, — le reflet de l'éclair sur les lames tournoyant dans l'air comme autant de météores brandissants (45), — la rage convulsive qui circule de la terre au ciel, qui court de l'homme aux élémens, sans qu'on puisse dire où elle brûle plus terrible!
Une fois, — mais non, — c'est impossible, — ce n'est qu'une illusion. — Et pourtant, avant que ses yeux se fussent tout-àfait voilés, elle a cru entrevoir là-haut, sur les débris du pont, cette forme qui n'a rien de terrestre, cette constante vision de son âme. — Même alors, au milieu de ce tourbillon de naufrage et de sang, elle l'a vu briller au-dessus des autres hommes, comme par une nuit noire et tempétueuse éclate en jets de flammes l'étoile d'Egypte (46), dont l'orgueilleuse clarté fait pâlir les autres yeux du ciel, et n'a jamais rayonné sur les blanches îles de l'ouest (47). Mais non, — c'était un souvenir, — le rêve d'une minute: — un faible cri s'échappa à demi de ses lèvres livides; — puis un évanouissement de mort, — une éclipse glaciale de l'âme et des sens étendit ses ténèbres autour d'elle, et elle tomba comme morte !
Oh ! que belle et calme est l'heure qui vient après l'orage ! alors que les vents guerroyans se taisent, et que sous les tièdes rayons du soleil les nuages se fondent et laissent la terre et la mer endormies dans un brillant repos, — frais, vermeils comme si le jour ne faisait que de naître au giron du matin! alors que les fleurs, violemment arrachées de leurs tiges et semées au gré de l'ouragan, flottent encore dans l'air pur qu'elles imprègnent de leurs parfums en reconnaissance de ce calme si doux. Chaque goutte que la pluie d'orage a laissée sur l'herbe et sur les fleurs, étincelle comme la pierre précieuse dont la flamme liquide est
née de l'éclair (48) ! Au lieu d'un vent impétueux et toujours le même, mille douces haleines se croisent, apportant toutes un parfum différent, comme si les plantes les plus odorantes, les arbres les plus fleuris avaient chacun une brise à leurs ordres pour les protéger, les rafraîchir, et répandre au loin leur souffle. Les eaux bleues se soulèvent et s'abaissent encore frémissantes sous les rayons dormans du soleil; et ce gonflement que laisse la tempête ressemble aux battemens pleins et silencieux du cœur des amans, trop nouvellement bénis dans leurs amours pour être tout-à-fait calmes !
Telle était l'heure dorée qui éclairait le monde, quand Hinda, s'éveillant de sa longue transe, n'entendit plus à l'entour que le bruit de l'eau murmurant le long des flancs du navire, qui montait lentement avec la marée. — Mais où .estelle? — ses yeux sont encore obscurcis, hagards. — Est-ce la même barque qui la portait ce matin au sortir de la baie d'Harmozia, et dont le chien de mer suivait le sillage sanglant? — Non, — tout ce que rencontrent ses regards étonnés est étrange et nouveau. Couchée sur le pont de la nef, aucun riche pavillon ne lui prête son ombre ; un éventail de plume ne rafraîchit pas ses yeux appesantis ; point de jasmin fleuri à son chevet. Quelques manteaux de guerre étendus à la hâte forment sa couche grossière; des châles, des ceintures, jetés sur des javelots, abritent sa tête. Elle a regardé en frissonnant autour d'elle. Là, un groupe de guerriers dorment au soleil, comme si, pour ce jour du moins, leur tâche de mort était finie : quelques-uns, plongés dans une vague rêverie, contemplent les flots qui sommeillent, tandis que d'autres, impatiens de ce lâche repos, regardent d'un œil irrité la voile détendue qui pend flasque le long du mât.
0 bienheureux Allah ! qui la sauvera cette fois ? il n'y a pas dans toute cette bande un sabre arabe, un seul turban, — rien qui rappelle sa terre natale ! Les vêtemens, le large ceinturon de cuir (49) qui ceint la veste jaune (50), — couleur proscrite, — le haut bonnet tartare (SI). — Oui, — oui, — ses terreurs ne sont que trop justes : — à cette heure terrible, le ciel l'a livrée au redoutable Hafed, — Hafed, le Guèbre ! — tout le sang de
son cœur s'est glacé ; car on lui a enseigné à le maudire comme un affreux démon, ministre des enfers, envoyé pour semer la désolation sur son passage, et pour étendre son ombre, tant qu'il marche sur terre, entre l'homme et Dieu! Et elle est maintenant sa captive, — jetée entre ses mains féroces, vivante et seule! Cette troupe furieuse, c'est la sienne, — tous infidèles, — tous ennemis ! Quelle audacieuse espérance a traversé son âme comme un éclair, lorsque, enhardie parle désespoir, elle a dardé à travers cette foule armée un regard si perçant, si intense, que le plus rude de ces hommes de guerre a baissé la tête sous le feu de ses yeux, confus comme s'il eût deviné qui elle cherchait. Mais non, — elle ne le voit pas. — La vision qui a passé devant elle à travers le brouillard de sang et d'orage s'est évanouie, — ce n'était qu'un fantôme, — un de ces rêves, demi-ombre, demi-lumière, arcs-en-ciel que les rayons de l'imagination peignent sur les vapeurs passagères qui roulent autour de notre âme dans l'angoisse ou dans le sommeil.
La barque s'est ranimée ; plus vive, elle a bondi sur la vague bleuâtre. — L'équipage se meut, — toutes les rames sont dehors, et brisent le miroir des eaux, éparpillant à l'entour de liquides éclats. Et maintenant, Hinda voit avec horreur l'esquif se diriger vers ce repaire dont l'aspect la glace d'épouvante, vers ces tours où les sacrilèges ennemis de Dieu et de la Mecque habitent comme des scorpions roulés dans leurs replis venimeux.
Entre la terre et les flots resplendissans ïa puissante montagne apparaît sombre; seulement, au-dessus de sa redoutable cime, se déroule un nuage enflammé, d'un rouge de sang, pareil à l'étendard du destin qui désigne le lieu où descendra la mort ! Si l'esprit éperdu de la jeune fille eût eu puissance de penser à cette heure terrible, elle se fût demandé par où, comment, le pied de l'homme pourrait escalader le front sourcilleux de la montagne; car jamais Arabe n'y avait soupçonné d'autre route que le sentier du ravin. Mais toute pensée s'est perdue dans sa terreur, lorsqu'elle a vu la barque bondissante se rapprocher du roc, lorsqu'elle a senti les vagues l'entraîner vers
ces affreuses cavernes dont les détours s'enfoncent sous la masse volcanique du mont. — Une voix haute commande sur le pont d'abaisser le mât, d'allumer les torches ! — Aussitôt, portés par la marée jaillissante, ils glissent dans les profondeurs d'une voûte, ténébreuse comme l'éternel portique que franchissent les âmes des morts. Le tison allumé et la torche qui flambe n'éclairent de leur vacillante lumière que l'onde épaisse qui bouillonne au-dessous. — Ils voguent silencieux,— comme si chacun, immobile et sans voix, eût craint de parler dans cet obscur dédale, où le son même devient sombre, — tant l'écho sépulcral de la caverne le prolonge tristement sur la vague noire : on dirait quelque terrible secret de la tombe murmuré à voix basse par les esprits infernaux! Mais la barque s'arrête, — le courant se détourne de la ligne droite qu'il a suivie ; — une puissante et invisible barrière repousse les flots irrités et écumans. A peine les efforts redoublés de la rame peuvent-ils lutter contre la violence des flots qui tourbillonnent. Ecoutez! un pied intrépide s'est élancé au milieu des rocs; la chaîne est jetée, —les rames sont hors de l'eau, — les amarres se cramponnent à la pierre, et la barque agitée se balance sur le flot turbulent.
A ce moment, une lueur tremblante percales ombres : — mais, avant que la jeune fille puisse voir d'où se glisse la lumière, elle sent en frissonnant une main invisible attacher un bandeau sur ses yeux. La couche grossière sur laquelle elle est étendue est enlevée de terre, et portée le long des pentes escarpées par ces rudes guerriers.
0 bienheureuse puissance du soleil! jour créateur! que de baume, que de vie dans tes rayons ! Il y a à te sentir un bonheur si réel, que le monde n'eût-il d'autre joie à nous offrir que celle de nous étendre à ta chaude et douce clarté, ce serait encore trop de délice pour l'échanger sans douleur contre la nuit profonde et froide de la tombe! Hinda elle-même, bien qu'elle ne sût pas où elle était, ni où conduisait cette route périlleuse, connut, à l'air vivifiant qui circulait autour d'elle, qu'elle était sortie des ténèbres, et qu'elle respirait de nouveau à la face de la terre éclairée du soleil.
LALLA-ROOKII. 53
Mais bientôt cette fraîcheur balsamique passa, — le labyrinthe tortueux s'enfonça de nouveau dans d'humides et ténébreuses solitudes, — au milieu des branches qui craquent, des pierres détachées qui tombent et réveillent en sursaut le léopard aflame rêvant de carnage. Il tressaille, prend chaque pierre pour une proie, et on l'entend s'élancer de pic en pic à leur poursuite, comme elles tonnent et roulent jusqu'au fond. Le cri du chacal,
— le gémissement farouche et solitaire de la hyène, et la voix éternelle et triste des torrens dans le gouffre au-dessous, pareille au mugissement du flot noir et profond qui coule sans cesse sous le pont de la mort, tout, tout est effroyable! — Et cependant voir, regarder face à face ces choses horribles dont elle n'entend que le bruit, serait pour Hinda un soulagement : car l'imagination, plongée ainsi dans la nuit et nourrie de bruits effrayans, évoque des fantômes mille fois plus hideux que la réalité.
Est-ce un rêve? La crainte a-t-elle de nouveau troublé ses sens? Une voix toute mélodieuse n'est-elle pas sortie des ténèbres pour lui murmurer tout bas : « Ne tremble pas, mon amour; le Guèbre est là! » Non, elle ne rêve pas: toute sensation, toute oreille, elle boit avidement ces mots : «Le Guèbre est là ! » C'était bien sa voix, — elle n'a pu s'y tromper. — Dans le monde entier, il n'existe pour elle qu'une voix aussi tendre, aussi douce, aussi éloquente! Oh! la rose de mai méconnaîtrait le rossignol et ouvrirait son sein vermeil (52) à quelque chantre vulgaire, avant que l'amour se méprît à l'accent, au souffle du bien-aimé.
Au milieu de ses angoisses elle se réjouit de penser qu'il est près d'elle, lui, dont le sourire rayonnant sur le bord d'un abîme, rendrait encore le péril cher; mais cette lueur de joie s'est bientôt effacée et perdue dans ses terreurs. Comment l'im" pitoyable Hafed souffrirait-il qu'un des siens, un Guèbre, regardât sans horreur une fille arabe, — une vierge musulmane,
— l'enfant de celui dont le triomphe sanglant a rendu les temples vides, les autels froids, ce beau pays désert, et qui évoqua cette nuit de sang plus terrible encore? — Oh! qui arrêtera le
sabre, qui le détournera, une fois qu'il se sera plongé aux cœurs des Persans? Quel bras couvrira la victime? Qui défendra son amant des fureurs de son père?
« Sauve-le , grand Dieu ! s'écrie-t-elle en son âme. Sauve-le cette nuit! — Si tu prends plaisir aux larmes des pécheurs, au sacrifice des cœurs brisés, garde-le cette nuit, et je jure ici, devant ton trône, d'arracher du plus profond de mon âme, amour, espérance, souvenirs ; fussent-ils liés à chaque fibre, à chaque palpitation de vie, je jure de les jeter tout saignans à tes pieds ! Qu'il vive, et tant de larmes brûlantes, de soupirs coupables et chers, prodigués pour lui, ne seront plus que pour le ciel. Une jeunesse passée dans la pénitence, une vieillesse usée à de longs et pénibles pèlerinages, ne laisseront plus de traces de la flamme qui me consume. — Son nom ne bénira plus mes lèvres que pour te demander que cet esprit radieux, dissipant de ses rayons les ombres de la terre, brille aussi làhaut, glorieux, racheté, tout à toi! Oh! quelle victoire de ravir au péché cette âme splendide ! — de ramener à son sentier des cieux cette étoile égarée! Qu'il vive, et tous deux nous sommes à toi, — à toi ensemble, — car, béni ou maudit, vivant ou mort, sa sentence sera la mienne: — s't7 périt, nous périssons tous deux! »