ACTE III, SCÈNE I. a6i
D*un6 ame plus commune ai pris quelque teiuture^ Il n*est pas merveilleux si ce que je me crus Mêle un peu de Léonce au cœur d'Héraclius.
A mes confus regrets soyez donc moins sévère; C'est Léonce qui parle, et non pas votre frère : Mais si Tun parle mal, Fautre va bien agir.
Et Tun ni Fautre enfin ne vous fera rougir.
Je vais des conjurés embrasser Fentreprise, Puisqu'une ame si haute à frapper m'autorise, Et tient que , pour répandre un si coupable sang. L'assassinat est noble et digne de mou rang.
Pourrai-je cependant vous faire une prière ?
PULCHÉRIB.
Prenez sur Pulchérie une puissance entière.
MARTIAV.
Puisqu'un amant si cher ne peut plus être à vous. Ni vous, mettre Fempire en la main d'un époux, épousez Martian comme un autre moi-même; Ne pouvant être a moi , soyez à ce que j'aime.
FULCHÉRIE,
Ne pouvant être à vous, je pourrois justement Vouloir n'être à personne, et fuir tout autre amant ; Mais on pourroit nommer cette fermeté d'ame Un reste mal éteint d*incestueuse flamme.
Afin donc qu'à ce choix j'ose tout accorder,
a6a HÉRACLIU3.
Soyez mon empereur pour me le commander.
Martian vaut beaucoup, sa personne m'est chère; Mais purgez sa vertu des crimes de son père, Et donnez à mes feux pour légitime objet Dans le fils du tyran votre premier sujet.
MARTIÀir.
Vous le voyez, j'y cours; mais enfin s'il arrive Que l'issue en devienne ou funeste ou tardive. Votre perte est jurée; et d'ailleurs nos amis Au tyran immolé voudront joindre ce fils.
Sauvez d'un tel péril et sa vie et la vôtre; Par cet heureux, hymen conservez l'un et l'autre; Garantissez ma sœur des fureurs de Phocas, Et mon ami de suivre un tel père au trépas.
Faites qu'en ce grand jour la troupe d'Exupère Dans un sang odieux respecte mon beau-frère; Et donnez au tyran, qui n'en pourra jouir, Quelques moments de joie afin de Téblouir.