SCÈNE VL HÉRACLIUS, MARTIAN, PULCHÉRIE
PULCHBRXB.
Le lâche ! il vous flattoit lorsqu'il trembloit dans Tame* Mais tel est d'un tyran le naturel in£&me :
Sa douceur n*a jamais qu*un mouvement contraint; S'il ne craint, il opprime;et, s'il n'opprime, il craint: L'une et Fautre fortune en montre la foiblesse. L'ime n'est qu*insolence, et l'autre que bassesse : A peine est-il sorti de ses lâches terreurs.
Qu'il a trouvé pour moi le comble des horreurs. Mes frères, puisqu'enfin vous voulez tous deux l'être. Si vous m'aimez en sœur, faites-le-moi paroitre.
H£EACLIU8.
QujB pouvons-nous tous deux lorsqu'on tranche noa jours?
PULCHiaiX.
Un généreux conseil est un puissant seovurs.
M ABTIAir.
n n'est point de conseil qui vouk soit salutaire Que d'épouser le fils pour éviter le père.
3r4 HÉRAGLIUS.
L'horreur d'un mal plus grand vous y doii disposer.
PUI.CBSHIS.
Qui me le montrera , si je veux Tépouser ?
Et dans cet hyménée, à ma gloire funeste.
Qui me garantira des périls de Tinceste?
MARTIAH.
Je le vois trop à craindre et pour vous et pour nous. Mais , madame , on peut prendre un vain titre d'époux , Abuser du tyran la rage forcenée, Et vivre en frère et sœtir sous un feint hyménée.
PVLCHÉRTE.
Feindre, et nous abaisser à cette lâcheté!
HÉRACIrlUS.
Pour tromper un tyran , c*est générosité; Et c'est mettre, en faveur d'un frère qu*il vous donne, Deux ennemis secrets auprès de sa personne.
Qui, dans leur juste haine animés et constants. Sur Tennemi commun sauront prendre leur temps. Et terminer bientôt la feinte avec sa vie.
PULCHÉRXS.
Pour conserver vos jours, et fuir mou iufamie. Feignons; vous le voulez, et j*y résiste en vain. Sus donc, qui de vous deux me prêtera la main? Qui veut feindre avec moi? qui sera mon complice?