SÉLEUCUS, ANTIOCHUS
SÉLBUCUS.
Est-il une constance à Péprenve du foudre Dont ce cruel arrêt met notre espoir en poudrent
< Expression trop triviale, surtout dans une circonstance si tragi- .lae. (V.)
3 Cet y se rapporte à irône^ qui est quatre vers auparavant : les pronoms les adverbes doivent toujours être près des noms qu'ils désignent ; c'est une règle à laquelle il n'y a point d'exception. (Y.)
9 Ce vers est très beau . Mais comment une reine habile peut^elle avouer son crime à ses enfants, et les presser d'en commettre un autre! (Y.)
^ Yoilà donc encore un foudre dont un arrêt met un espoir en poudre ; et Antiochus répond par écho & cette figure incohérente : nouvelle preuve du peu de soin qu'on prenait alors de châtier son style. Despréaux est le premier qui ait appris comment on doit toujours parler en vers. La douleur respectueuse d' Antiochus est aussi contraire à l'histoire qu'à la politique ordinaire des princes. Plusieurs ont fait enfermer leurs mères pour de bien moindres crimes. Cléopâtre vient d'avouer à ses enfants qu'elle a assassiné leur père; elle veut les forcer à assassiner leur maîtresse ; elle doit être à leurs yeux infiniment plus coupable que Clytemnestre ne le fut pour Oreste. Est-ce là le cas de dire, j'aime ma mère î Mais ce sentiment d'amour respectueux pour une mère est si profondément gravé dans tous les cœurs bien faits, que tous les spectateurs pensent comme Antiochus. Telle est la magie de la poésie ; le poëte tient les cœurs dans sa main : il peut, s'il veut, peindre Antiochus comme un Oreste, et alors le public s'intéressera à sa vengeance : il peut le peindre comme un prince se- "vère et juste, qui, pour le bien de son État, veut ôter le gouvernement à une femme homicide, le fléau de ses sujets ; alors les spectateurs ap»^ plandiront A sa justice : il peut le peindre soumis, respectueux, attaché à sa mère autant qu'indigné ; et alors le public partage les mêmes sen* timcatt. Cette dernière situation est la seule convenable à la construc*-
âSÙ RODeGUMI.
Bst-41 un coup de foudre à comparer aux coups Que ce cruel arrêt vieai de knoer sur nous ?
SÉLBCCUS.
O haines, 6 fureurs cUgnes d*nne Mégère! O femme, que je n*08e appeler ettcor mère ! Après que tes forfaits ont régné pleinement, Ne saurois-tu souffrir qu'on règne innocemment? Quels attraits penses-tu qu'ait pour nous la couronne, S'il faut qu'un crime égal par ta main nous la donne ? Et de quelles horreurs nous doit-elle combler. Si pour monter au trône il faut te ressembler ?
ANTIOCHUS
Gardons plus de respect aux droits de la nature. Et n'imputons qu'au sort notre triste aventure : Nous le nommions craci; mais il nous étoit doux Quand il ne nous donnoit à combattre que nous. Confidents tout ensemble et rivaux l'un de l'autre, Nous ne concevions point de mal pareil au nôtre; Cependant, à nous voir l'un de l'autre rivaux. Nous ne concevions pas la moitié de nos maux.
SÉLEUCUS
Une douleur si sage et si respectueuse.
Ou n'est guère sensible, ou guère impétueuse.
Et c'est en de tels maux avoir l'esprit bien fort
D'en connottre la cause, et l'imputer au sort.
Pour moi, je sens les miens avec plus de fofblesse ;
Plus leur cause m'est chère, et plus l'eflet m'en blesse :
Non que pour m'en venger j'ose entreprendre rien ;
Je donuerois encor tout mon sang pour Je siun :
Je sais ce que je dois : mais dans cette contrainte.
Si je retiens mon bni6 je laisse aller ma plainte ;
Et j'estime qu'au point qu'elle nous a blessés,
Qui ne fait que s'en plaindre a du respect assez.
Voyez-vous bien quel est le ministère infâme
Qu'ose exiger de nous la haine d'une femme?
tioa de cette tragédie, d'autant plus qu*AntinôikUB «st représenté comme un jeune IwBUite «Muals ; «tala wami son «arftd^ve est mm