ACTE IV, SCEXE I. ' ill
Et ce sont les cftcts du souvenir fidèie
Que sa mort à toute heure en mon anie rappelle.
Princes, soyez ses fils, et prenez son parti.
AMTIOCHUS.
Recevez donc son cœur en nous deux réparti i ;
Ce cœur, qu'un saint amour rangea sous votre empire ,
Ce cœur, pour qui le vôtre à tous moments soupire,
Ce cœur, en vous aimant indignement percé.
Reprend pour vous aimer le sang qu'il a versé * ;
Il le reprend en nous, il revit, il vous aime.
Et montre, en vous aimant, qu'il est encor le même.
Ah! princesse, en l'état où le sort nous a mis.
Pouvons-nous mieux montrer que nous sommes ses fils?
Si c'est son cœur en vous qui ravit et qui m'aime, Faites ce qu'il feroit s'il vivoit eu lui-même '; A ce cœur qu'il vous laisse osez prêter un bras : Pouvez-vous le porter et ne l'écouter pas * ?
mariage. Rodc^une, en un mot, ne fut jamais, à l'égard de Nicanor, que ce que Monime croyoit être à l'égard de Mithridate, veuve sans avoir eu d'époux. (P.)
* Il semble, par ce discours d'Antioclius, qu'en effet Rodogune a étt^ la femme de son père : s'il est ainsi, quel effet doit faire un amour, (i'ailleurs assez froid, qui devient un inceste avéré, auquel ni Antiorhus ni Rodogune ne prennent seulement pas garde t Mais qu'est-ce qu'un cœur réparti en deux! (V.) — Ce discours d'Ântiochu s ne prouve en aucune façon que Rodogune ait été la femme de son père ; il suppose seulement qu'elle en a été aimée ; ce qui est très différent. (P.)
* C'est donc le cœur de Nicanor réparti entre ses deux fils, qui, ayant été percé, reprend le sang qu'il a versé; c'est-à-dire son propre i^ang, pour aimer encore sa femme dans la personne de ses deux enfants. Que dire de telles idées et de telles expressions? comment ne pas remarquer de pareils défauts! et comment les excuser! que gagneraiton à vouloir les pallier! ce serait trahir l'art qu'on doit enseigner aux jeunes gens. (V.)
3 Rodogune continue la figure employée par Antiochus, mais on ne peut dire vivre en soi-même; ce style fait beaucoup de peine : mais ce qui en fait bien davantage, c'est que Rodogune passe ainsi tout d'un coup de la modeste fierté d'une fille qui ne veut pas qu'on lui parle (l'amour, à l'exécrable empressement d'exiger d'un fils la tête de sa mère. (V.)
* Prêter un bras à un cœur, le porter, et ne pas l'écouter, sont des