‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 130 sur 377 · ACTE IV, SCÈXE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈXE I

A force de respect votre amour 8*est trahi. Je Toudrois tous haïr s*il m*aToit obéi ; El je n*estiine pas l'honneur d*uiie vengeance Jusqu'à vouloir d'un crime être la récompense ^ Bénirons donc sous les lois que m'impose la paix , Puisque m'en affranchir c'est vous perdre à jamais. Prince, en voire faveur je ne puis davantage : L'orgueil de ma naissance enfle encor mon courage, * El, quelque graud pouvoir que l'amour ait sur moi. Je n'oublierai jamais que je me dois un roi. Oui, malgré mon amour, j'attendrai d'une mère Que le trône me donne ou vous ou votre frère. Attendant son secret, vous aurez mes désirs; El s'il le fait régner, vous aurez mes soupirs s : Cest tout ce qu'à mes feux ma gloire peut permettre , El tout ce qu'à vos feux les miens osent promettre.

ANTIOCHUS

Que voudrois-je dç plus ? son bonheur est le mien ; Rendez heureux ce frère, et je ne perdrai rien. L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende :

1 Y a-t-il de Thonneur dans cette vengeance! Elle change à présent d'avis; elle ne Tondrait plus d'Antiochus, s'il avait tné sa mère : c« ^'est pas là assurément le caractère qu*exigent Horace et Boileau : Qu'en tout avec soi-même il »e montre d'accord, Et qu'il soit jusqu'au bout tel qu'on l'a vu d'abord. (V.)

— Elle ne change ni d'avis ni de caractère ; elle prouve seulement que jamais elle n'avoit eu l'intention de faire sérieusement aux deux princes une proposition dont elle savoit bien que Tun et l'autre seroient infail- Hblement révoltés. Voilà du moins ce que, dans l'examen de sa pièce, (''Orneille oppose aux objections qu'on lui fit de son temps, et que Voltaire n'a fait que renouveler. Quant à nous, il nous semble que le grand succès de cette tragédie, principalement dans sa nouveauté, est une preuve très forte que le public ne se méprit jamais sur la véritable in* tention de Corneille. Il n'imagina point, puisqu'il n'en fut point révolté, ^ae la proposition de Rodogune pût être sérieuse. Mais quand il vit, tu dénoûment, toutes les beauté que Corneille avoit su tirer d'une invention qui peut n'être pas exempte de reproche, mais qui lui fournit le plus beau cinquième acte qu'il y ait peut-être sur aucun théitre, alors il ne sut plus qu'admirer. (P.)

* Elle voulait tout à llieure tuer Oéopâtre, et à présent elle lui est soumise. Et qu'ctt^ce qu'un secret qui/sit régner t (V.)

ISS RODOGUNE.

Je bénirai le ciel d'uae perte si grande;

£t quittant les doucens^e cet ^poir flottaaA,

Je mourrai dedeuleur»» mais je mourrai eonteott.

£t moi, si mon desUa entre ses.Biai»s i»e Hnre, ¥our un autre que tous sli n^ordonne de vivre , Mon amour... Haôs adieu; mon esprit se cenfondt. Vrince, si votre fkmune à la joienne répond, :Si vous n'êtes ingrat à ce cœur qui vous aime^. Ne me revoyez point qu*avec le diadème ^.

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