‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 133 sur 377 · R0D06UNE · texte numérisé non relu

R0D06UNE

Je vous en plains, mon fils, ce malheur est exti'ème ; Cest périr en effet que perdre un diadème. Je n*y sais qu'un remède, encore est-il fôcbeux, Étonnant, incertain, et triste pour tous deux; Je périrai moi-même avant que de le dire ^ : Mais enfiiv on perd tout quaud on perd un empire.

ANTIOCHUS

Le remède à nos maux est tout en votre main *, Et n'a rien de fôcheux, d'étonnant, d'incertain; Votre seule colère a fait notre infortune. Nous perdons tout, madame, en perdant Rodoguue : Nous Tadorons tous deux ; jugez en quels tourments Nous jette la rigueur de vos commandemeiits.

L'aveu de cet amour sans doute vous offense : Mais enfin nos malheurs croissent par le silence ; Et votre cœur, qu'aveugle un peu d'inimitié, S'il ignore nos maux, n'en peut prendre pitié. Au point où je les vois, c'en est le seul remède.

CLEOPATRE

Quelle aveugle fureur vous-même vous possède ! Avez-vous oublié que vous parlez à moi ? Ou si vous présumez être déjà mon roi ?

ANTIOCHUS

Je tâche avec respect à vous faire connoltre

Les forces d'uu amour que vous avez fait naître s.

pâtre, il doit être furieux; s'il ne la croit pas, il doit lui dire : Osez^ vous bien imputer ce crime à mon frère 1 (V.)

1 On n'entend pas mieux ce que c'est que ce secret. Ces deux couplets paraissent remplis d'obscurités. (V.)

t Comment ce remède aux maux est-il dans la main de Cléopâtre ! entend-il qu'en nommant Tatné, elle finira tout! mais il dit : Nous perdons tout en perdant Rodogune. Il n'y aura donc point de remède aux maux de celui qui la perdrai Peut-il répondre que le cœur de Cléopâtre est aveuglé d'un peu d'inimitié! que si ce cœur ignore les maux des deux frères, elle ne peut en prendre pitié, et qu'au point où il les voit, c'en est le seul remède t Quel discours 1 quel langage ! Et dans une telle occasion, il parle avec la plus grande soumission ; et Cléopâtre lui répond : Quelle fureur vous possède î En vérité, ces discours sontrils dus la nature t (Y.)

• On a déjà remarqué qu'on ne dit point les forces au pluriel, excepté quand on parle des forces d'un État. (V.)

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