‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 164 sur 377 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PUOGAS, PULCHÉRIE, CRISPE.

PHOCAS

Enfin, madame, il est temps de vous rendre. Le besoin de TÉtat défend de plus attendre; 11 lui faut des Césars, et je me suis promis D'en voir naître bientôt de vous et de mon fils. Ce n'est pas exiger gran(|e reconnoissance Des soins que mes bontés ont pris de votre enfance. De vouloir qu'aujourd'hui, pour prix de mes bienfaits. Vous daigniez accepter les dons que je vous fais. Ils ne fdnt point de honte au rang le plus sublime; Ma couronne et mon fils valent bien quelque estime * : Je vous les offre encore après tant de refus; Mais apprenez atssi que je n'en souffre plus. Que de force ou de gré je veux me satisfaire ', Qu'il me faut craindre en maître, ou me chérir en père, Et que, si votre orgueil s'obstine à me haïr, Qui ne peut être aimé se peut faire obéir.

PULCeÉBIE.

J'ai rendu jusqu'ici cette reconnoissance

Phoeas parle très bien et très convenablement ; Je ne sais si on en peut dire autant de Pulchérie. V.)

1 Le rang lepîuê sublime! et une couronne et un file qui valent dt V estime! Est-ce là l'auteur des beaux morceaux de Cinna t (Y.)

s Se satisfaire n'est pas le mot propre ; on ne dit je veux me salit' faire que dans le discours familier ; je veux contenter mes goûts, mes inclinations, mes caprices.

Mais enfin dans la vie il faut se satisfaire.

MOLIBRK.

Je veux me satisfaire de gré est un pléonasme; et je veux me satisfaire de/orce est un contre-sens : on se fait obéir de gré ou de force ; mais on ne se satisfait pas de force. Phoeas entend qu'il réduira de gré ou de force Pulchérie ; mais il ne le dit pas. (Y.)

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