‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 185 sur 377 · BILLET DE MAURICE · texte numérisé non relu

BILLET DE MAURICE

« Léontine a trompé Phocas ^ t Et, livrant pour mon fils un des siens au trépas, « Dérobe à sa fureur l'héritier de l'empire. 1 0 vous qui me restez de fidèles sujets,

1 Cest ici que l'intrigue se noue plus que jamais; c'est une énigme à deviner. Ce Martian, cru Léonce, est-il fils de Maurice, ou de Phocas, ou de Léontine! Le spectateur cherche la vérité ; il est très occupé sans être ému. Ces incertitudes n'ont pu encore produire ces grands mouvements, cette terreur, ce pathétique , qui sont l'ame de la vraie tragédie : mais nous ne sommes encore qu'au second acte. Il semble que l'on aurait pu tirer un bien plus grand parti de l'invention de Cal- 4éron; rien n'était peut-être plus tragique et plus singulier que de voir deux héros, élevés dans les forêts, dans la pauvreté, dans l'ignorance d'eux-mêmes, qui dé|>loient à la première occasion leur caractère de grandeur: ce sujet, traité avec la vraisemblance qu'exige notre théâtre, aurait reçu de la main de Corneille les beautés les plus frappantes; mais un billet de Maurice dans les mains de Léontine ne peut faire ce grand effet ; cela exige des vers de discussion qui énervent le tragique et refroidissent le cœur : aussi la pièce est jusqu'à présent plutôt une affaire difficile à démêler qu'une tragédie. (Y.)

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