SCÈNE
EXUPÉRE, AMINTAJS.
EXUPÈIE.
Nous sommes en fiacvenr, ami, tout esa k nous r L'heur de notre destin va faire des jaloux >.
que TempereuT, et que Phocas ait besoin de ses amis pour Taider. Les choses ne se passent ainsi dans aucune cour. Justinien n'aurait pas dit, même i un Bélisaire, assemblez vos amis ; on donne des ordres en pareil cas. De votre part est encore une faute ; on peut ordonner de sa part, mais on n'exécute point de sa part ; il fallait, vous, de votre côté, rassemblez vos amis. (W,)
1 Ces mots, après moi , et jusqu'à ce que f expire , semblent dire jusqu'à ce que je sois mort^ après ma mort. Jusqu'à ce que^ mot rude, raboteux, désagréable i Toreille, et dont il ne faut jamais se servir. Plus on réfléchit sur cette scène, et plus on voit que Phocas y joue le rôle d'un imbécile, à qui cet Exupère fait accroire tout ce qu'il veut.
< Cette scène entre Exupère et Amintas est faite exprès pour jeter le public dans l'incertitude. Il s'agit du destin de l'empire , de celui dHéraclius, de Pulchérie, et de Martian. La situation est violente ; cependant ceux qui se sont chargés d'une entreprise si périlleuse n'en parlent pas ; ils disent qu'ils sont en faveur^ et qu'ils feront des ja~ loux; ils parlent d'une manière équivoque, et uniquement de ce qui les regarde. Ces personnages subalternes n'intéressent jamais, et affaiblissent l'intérêt qu'on prend aux principaux. Je crois que c'est la raison pourquoi Narcisse est si mal reçu dans Britannicus, quand il dit:
La fortone Rappelle nne seconde fois.
On ne se soucie point de la fortune de Narcisse ; son crime excite l'horreur et le mépris : si c'était un criminel auguste, il imposerait. Cependant combien est-il au-dessus de cet Exupère ! que la scène où il détermine Néron est adroite, et surtout qu'elle est supérieiiremen t écrite ! comme il échauffe Néron par degrés ! quel art et quel style I
V.) 8 Ces deux vers d' Exupère sont d'un valet de comédie qui a trompé son maître, et qui trompe un autre valet. (Y.)
292 HÉRAGUUS.
AMINTAS
Quelque allégresse ici que vous fassiez paroltre, Trouvez-vous doux les noms de perfide et de traître?
EXUPÈRE
Je sais qu'aux généreux ils doivent faire horreur; [Is m'ont frappé Toreille, ils m'ont blessé le cœur : Mais bientôt, par Teffet que nous devons attendre, Nous serons en état de ne les plus entendre. Allons ; pour un moment qu'il faut les endurer, Ne fuyons pas les biens qu'ils nous font espérer.
riN DU TROISIEME ACTE.