SCÈNE I
HÉRACLIUS
Quelle confusion étrange i
De deux princes fait un mélange
Qui met en discord deux amis î
Un père ne sait où se prendre;
Et plus tous deux s'osent défendre
Du titre infâme de son fiis,
Plus eux-mêmes cessent d'entendre .
Les secrets qu'on leur a conimis.
Léontine avec tant de ruse Ou me favorise ou m'abuse, Qu'elle brouille tout notre sort :
Ce que j'en eus de connoisssance Brave une orgueilleuse puissance Qui n'en croit pas mon vain effort; Et je doute de ma naissance Quand on me refuse la mort.
Ce fier tyran qui me caresse Montre pour moi tant de tendresse, Que mon cœur s'en l.tisse alarmer :
Lorsqu'il me prie et me conjure,
* On a presque toiyours retranché aux représentations ces staiices ; elles ne valent ni celles de Polyeucle, ni celles du Cid: ce n'est qu'une ode du poëte sur l'incertitude où les ïiéros de la pièce sont de leur destinée; ce n'est qu'une repétition de tous les sentiments tant de roi» étalés dans la pièce ; et, puisque c'est une répétition, c'est un défaut. Un mélange de deux princes^ deux amis en discorde un sort brouillé, ce qu* Héraclitis a de connaissance qui brave une orgueilleuse puissance, ne sont pas des manières de parler qui puissent entrer ni dans une tragédie, ni dans des stances. (V.)