‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 217 sur 377 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HÉRACLIUS

Quelle confusion étrange i

De deux princes fait un mélange

Qui met en discord deux amis î

Un père ne sait où se prendre;

Et plus tous deux s'osent défendre

Du titre infâme de son fiis,

Plus eux-mêmes cessent d'entendre .

Les secrets qu'on leur a conimis.

Léontine avec tant de ruse Ou me favorise ou m'abuse, Qu'elle brouille tout notre sort :

Ce que j'en eus de connoisssance Brave une orgueilleuse puissance Qui n'en croit pas mon vain effort; Et je doute de ma naissance Quand on me refuse la mort.

Ce fier tyran qui me caresse Montre pour moi tant de tendresse, Que mon cœur s'en l.tisse alarmer :

Lorsqu'il me prie et me conjure,

* On a presque toiyours retranché aux représentations ces staiices ; elles ne valent ni celles de Polyeucle, ni celles du Cid: ce n'est qu'une ode du poëte sur l'incertitude où les ïiéros de la pièce sont de leur destinée; ce n'est qu'une repétition de tous les sentiments tant de roi» étalés dans la pièce ; et, puisque c'est une répétition, c'est un défaut. Un mélange de deux princes^ deux amis en discorde un sort brouillé, ce qu* Héraclitis a de connaissance qui brave une orgueilleuse puissance, ne sont pas des manières de parler qui puissent entrer ni dans une tragédie, ni dans des stances. (V.)

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