‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 226 sur 377 · ACTE V. SGEME V. aS · texte numérisé non relu

ACTE V. SGEME V. aS

Feindre- •('■eus flbAisier.à eette lâcheté !

HÉftACLIDS.

Pour tromiitr un t>Tan desl généresité.

Et c*est metlre, en faveur <l*an frère qu*il tous donne.

Deux ennemis secrets auprès de sa persomie,

Qui, dans leur juste haine animés et constants,

Sur Tennemi conunun sauront prendre leur temps.

Et tenainer bientôt la feinte avec sa vie.

PULCilEllE.

Pour conserver vos jours et fuir mon infamie, Fe'gnons, vous le voulez et j'y résiste en vain. Sus doue, qui de vous deux me prêtera la main^? Qui ventt&hidre avec moi? qui sera mon complice?

^ HKBACLIU8.

Vous, prince, à qui le ciel inspire l'artifice.

MArriAN.

Vous, que veut le tyran ponr fils obstinément.

Vous, qui depuis quatre ans la servez en^nnnt.

n'est pas correcte. Pul chérie demande conseil ; Martian lui conseille d'épouser Héraclius sans user des droits du mariage : il fout cenvenfr que c'est là un très petit artifice, et indigne de la teaj^iédie. Oet cnnrersations dans un cinquième acte» lorsqu'on doit agir, sont presque toujours très languissantes. Je ne sais s'il n'y a pas, dans la pièce extravagante et monstrueuse de Culdéron, un plus grand fond de tragique, quand le fils de Phocas veut tuer son père. C'était même pour un parricide que Léontine l'avait réservé ; elle s'en explique dès le second acte ; on s'attend à cette catastrophe. Le fils de Phocas, près de tuer cet empereur, et HéfacHus voulant le sauver, poufaiènt former \m beau coup de théâtre; cependant il n'arrive rien.de ce que Léontine a projeté, *t Martial» ne fait autre chose, dans tout le cours de la pièce, que dire: Qui suis-Je î (V.)

1 Sus donc. On se servait autrefois de ce mot daas le discours familier ; il veut dire, vite^ allons^ courage, dépéchet^vous :

Sas, «ns, du vin partoat, versez, garçon, verset.

Pourctaugnae,

Mais Pulchérie ne peut dire, allons vite, tus, qui veut feindre avec moi? qui veut m'épouser pourne point jouir des. droits du mariage, 1

iV.)

S28 HÉRACLIUS

MARTIAN

Vous saurez mieux que moi surprendre sa tendresse.

HÉRACLIUS

Vous saurez mieux que moi la traiter de maîtresse i.

"MARTIAK.

Vous aviez commencé tantôt d'y consentir.

PULCHÉRIE

Ah! princes, votre cœur ne peut se démentir;

Et vous Pavez tous deux trop grand, trop magnanime»

Pour souffrir sans horreur Tombre môme d*un crime.

Je vous connoissois trop pour juger autrement,.

Et de votre conseil, et de révénemeni;

Et je n'y déférois que pour vous voir dédire.

Toute fourbe est honteuse aux cœurs nés pour l'empire.

Princes, attendons tout, sans consentir à fien.

HÉRACLIUS

Admirez cependant quel malheur est le mieu : L'obscure vérité que de mon sang je signe, Du grand nom qui me perd ne me peut rendre digne <; On n'en croit pas ma mort; et je perds mon trépas. Puisque mourant pour lui je ne le sauve pas.

MARTIAN

Voyez d'autre côté quelle est ma destinée,

Madame : dans le cours d'une seule journée,

Je suis Héraclius, Léonce, et Martian ;

Je sors d'un empereur, d'un tribun, d'un tyran.

De tous trois ce désordre en un jour nie fait naître,

Pour me faire mourir enfin sans me connoître.

PULCHÉRIE

Cédez, cédez tous deux aux rigueurs de mon sort :

Il a fait contre vous un violent effort s.

Votre malheur est grand, mais, quoi qu'il en succède,

t Cette contestation est-elle convenable à la tragédie! Traiter de •maîtresse n'est ni français ni noble. (V.)

* Ces vers ne sonfrpas moins obscurs : V obscure vérité qu'il signe ne peut le rendre digne du nom qui le perd ! (V.)

8 Un sort qui fait un effort ! Presque aucune expression n'est ni pure tii naturelle. Enfin la délibération de ces trois personnages n'aboutit à Tien ; ils n'agissent ni n'ont aucun dessein arrêté dans toute la pièce,

tV.)

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