‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 232 sur 377 · ACTE V, SCENE Vif · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE Vif

(à Léontînc.)

Terminez donc, madame, enfln notre querelle.

LÊONTINB.

Mon témoignage seurpcut-il en décider?

MABTIAN.

Quelle autre sûreté pourrions-nous demander *?

LÉONTIKE.

Je VOUS puis être encor suspecte d''arlifice. Non, ne m'en croyez pas, croyez Timpératricet.

( & Palchérie, lui donnant on billet.)

Vous connoissez sa main, madame; et c'est à vous Que je remets le sort d'un frère et d'un époux. Voyez ce qu'en mourant me laissa votre mère.

PlILCHÉRIE.

J'en baise en soupirant le sacré caractère.

LEONTINE.

Apprenez d'elle enfin quel sang vous a produits. Princes 3. ^

1 Je ne vois pas qu'on doive si aveuglément s'en rapporter au témoignage seul de Lénntine, que sa conduite mystérieuse a pu rt ndr« très suspecte; et, dans de si grands intérêts , il faut des preuves claires. (V.)

î La naissance des deux princes n'est enfln éc'aircie que par un billet (le Cons'antine, dont il n'a point été question jusqu'à présent. On est tout étonné que Constantine ait écrit ce bil'et. Il ne faut jamais jeter dans les derniers actes aucun incident principal qui ne soit hien préparé dans les premiers, et attendu même avec impatience. Toutes cc-s raisons, qui me paraissent éviilentes, f mt que le cinquième acte d*Hérnclius est beaucoup inférieur à celui de Rodogune. La pièce est d'..n genre singulier, qu'il ne faudrait imiter qu'avec les plus grandes précautions. (V.)

S La reconnaissance suit ici la catastrophe. On doit très rarement violer la règle qui veut au contraire que la reconnaissance pn cède. Cette règle est dans la nature; car, lorsque la péripétie est arrivée, quand le tyran est tué, personne ne s'intéresse au reste. Qi<'import4? qui des deux princes est HéracHus! Si Joas n'était reconnu qu'après la mort d'Athalie, la pièce finirait très froidement. Il me semb'e qu'il se présentait une situation, une péripétie bien théâtrale: Phocas, méconmaissant son fils Martian, voudrait le fa re périr; Heraclius, son ami. en le défendant, tuerait Phocas, et croirait avoir commis un parricide; Léontine lui dirait alors : Vimn croyez vous être souillé du sang de votre pire : vous avez puni Vassassin du vôtre. {V.) — Le plan que

354 HÉRACLIUS

HÉRACUUS, iEudoxe.

Qui que je soi», c*esl à vous que je suis. BILLET DE GOKSTANTLHE,

PULCHÉRIE lit.

« Parmi tanl de malheurs mon bouheuir est étrange : « Après avoir donné son fils au lieu du mien, « Léontine, à mes yeux, par un second échange, « Donne encore à Phocas mon fils au lieu du sieu.

« Vous qui pourrez douter d'un si rare service, « Sachez qu'elle a deux fois trompé notre tyran : « Celui qu'on croît Léonce est le vrai Martian, « Et le faux Martian est vrai fils de Maurice i.

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