ACTE I,.M:£N£ I. KM
N'a droit d« Vf» dé4ire, eA nte clK»sir «a roi. Par son ordre et le mim* la.reiaft d'^ArMénio Est due à F héritier du roi de Bithynle* Et ne prendra jamais ou OBur ass«% aU^t» t Pour se laisser réduire à i'hyraea 4'uu suj^. Mettez-vous en repos.
NIGOHÈDC*
Et 1^ puis-je« madame.
Vous voyant exposée aux fureurs d'une feinB>« Qui, pouvant tout ici, se cr<»ra tout paimis Pour se mettre en état de voir régner son fils? Il n'est rien de si saint qu'elle ne t'vsse enfreindre. Qui livroit Annilial pourra l)ieu vous contraindre. Et saura vous garder mtoe fidélité Qu'elle a gardée aux droits de l'hiMpiUlilé *.
LAQDICE.
Mais ceux de la nature ont-ils un privilège Qui vous assure d'elle après ce sacrilège ? Seigneur, votre retour, loin de rompre ses coups «, Vous expose vous-même, et m'expose après vous. Gomme il est fait sans ordre *, il passeia pour crime. Et vous serez bientôt la première victime Que la mère et le fils, ne pouvant m'ébranler, Pour'm'ôter mon appui se voudront immoler. Si j'ai besoin de vous de peur qu^oa me contraijj^e ^,
* Cette expression de prendre un cœur^ pour signifier prendre des sentiments^ n'est guère permise que quand on dit, prenez un cœnr nouveau^ ou bien reprendre cœur, reprendre courage. (V.)
S Même ^délité qu'elle a gardée eeX un solécisme ; il faut, la mâinr Jidélité^ ou celte fidélité. (V.)
S On ne rompt pas plus des coups que dos spectiucles. ( V.)
* Faire un retour est un barbarisme. ( V.)
^ Il fs^udrait, p/>ur que la ph^asç fût exacte, U n«gatioa ne, qu'on ne me contraigne. En général, voici la xk%W : qua«d les Latw emploient le ne, nous l'employons ausfû, vettor ne codai, je crains qu'il ne tombe; mais quand les Latins se servent (Tut, ulrum^ nous supprimon3 ce n«, dubilo utrum eas, je doute qu» voua aJliea ; opto ut pivaSt J9 souhaite que vous viviez. Quand M tlfiute e«t accompagné d'une négation^e ne doute pas, on la redouble pour exprimer la mfaaQ chose : je ne. doute p»4 que vqua ne l*aimiea* La suppression du ne dans le cas où il est d'usage est un« licence qui n'est permise q^
352 NICOMEDE
J*ai besoin que le roi, qu'elle-même vous craigne. Retournez à l'armée, et, pour me proléger, Montrez cent mille bras tout pnHs à me venger. Parlez la force en main, et hors de leur atteinte : S'ils vous tiennent ici, tout est pour eux sans crainte > ; Et ne vous flattez point ni sur votre grand cœur. Ni sur réclat d'un nom cent et cent fois vainqueur*; Quelque haute valeur que puisscv ôlre la vôtre *, Vous n'avez en ces lieux que deux bras comme un autre \ Et, fussiez- vous du monde et l'amour et i'efl'roi , Quiconque entre au palais porte sa lêle au roi.
Je vous le dis encor, retournez à Parmiîc, , js-ij hit"'
^ Ne montez à la cour que votre renommée; --Wj^^-f*^^ ^\ia».j Assurez*votre sort pour assurer le mien ; ^
Faites que l'on vous craigne, et je ne craindrai n'en.
quand la force de l'expression la fait pardonner. (V.) — l/exactitud<t vouloit qu'on ne me contraigne; mais ce que Voltaire étab'it ici <n principe géniral seroit sujet à beaucoup d'exceptions. Il nous étoi» tombé sous les yeux une petite brociiure très bien faite, dans laquiillc on reprochoit à Voltaire quelques unes des inexactitudes de son commentaire, et nous nous rappelons que l'on y citoit plusieurs exemples qui prouvent que ce qu'il établit ici en principe n'est rien moins que certain. Voici, entre autres, une phrase dont nous croyons nous ressouvenir, où le ne latin n'est pas employé, et qui n'en exige pas moins ie ne françois dans sa traduction. Non dubito quin me âmes, je ne doute pas que vous ne m'aimiez. L'auteur en rapport oit beaucoup d'autres qui ne nous sont plus présentes ; mais les dictionnaires en fourni roient une foule d'exemples encore plus décisifs. (P.)
1 S'ils vous tienneal ici, tout est pour eux suns crainte,
n'est pas français, et n'a de sens en aucune langue ; il veut dire, tout est sûr pour eux; ils n'ont rien à craindre; ils sont maîtres de tout; ils peuvent tout; tout les rassure. (V )
2 Un nom n'est pas vainqueur, à moins qu'on n'exprime que la terreur seule de ce nom a tout fait ; on dit alors noblement, son nom seul a vaincu. II ne faut jamais se servir de ces mots inutiles, cent et cent fois. (V.)
3 Ce vers est défectueux. Il est vrai qu'il n'était pas facile; mais ce sont ces mêmes difRcultés qui , lorsqu'elles sont vaincues, rendent la belle poésie si supérieure à la prose. (V.)
* Voilà de ces vers de la basse comédie qu'on se permettait trop souvent dans le style noble. (V.)