‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 240 sur 377 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

KICOMÈDE.

Retourner à Tarmée! ali! stichoz que la reine La sème d'assassins achetés ])ar sa haine. Deux s'y sont découvi^rls, que j'amène avec moi Afin de la convaincre et détromper le roi *. Quoiqu'il soit son époux, il est encor mon père; Et quand il forcera la nature à se tiiire, Trois sceptres à son trône ; ttachôs par mon bras Parleront au lieu d'elle, et ne se tairont pas ». Que si notre fortune à ma perte animée La prépare à la cour aus>i bien qu'à l'armée, Dans ce péril égal qui me suit en tous lieux, M'envierez-vous l'honneur de mourir à vos yeux?

LAODICE

Non, je ne vous dis plus désormais que je tremble. Mais que, s'il faut périr, nous |)érirons ensemble. »^ Armons-nous de courage, et nous ferons trembler /**^^<^' Ceux'clont les lâchetésTpéiisent nous accabler. Le peuple ici vous aime, et hait ces cœurs infâmes; Et c'est être bien fort que régner sur tant d'ames. Mais votre frère Attale adresse ici ses pas.

NICOMÈDE

ri ne m'a jamais vu ; ne me découvrez pas '.

1 II faut, pour l'exactitufle, et de détromper; mais cette licence est souvent trt'S excusable en vers : il n'est pas permis de la prendre en prose. (V.)

î Toute métaphore, comme on l'a dit, pour être bonne, doit être une image qu'on puisse peindre ; mais comment peindre trois sceptres qu'i.n bras attache à un trône, et qui parlent? D^iilleurs, puisque les sceptres parleront, il est clair qu'ils ne se tsiiront pas. Ces sortes de pltonasmes sont les plus videux ; ils ret':ml)cnt quelquefois dans ce qu'on appelle le style niais : Hélas ! s'il n'était pas mort, il serait encore en vie. (V.)

3 II serait mieux, à mon avis, que NicomèJe apportât quelque raison qui fît voir qu'il ne doit pas être reronnn pur son frère avant d'avoir parlé au roi. Il semble que Niomèdeveuil e seulement se procurer ici le plaisir d'embarras-ser son frAre, et que l'auteur ne songe •qu'à ménager «ne de ces sones théUra'es. Celle-ci est plutôt de la haute c :médie que de la tragé lie; e le est attachante, et, quoiqu'elle ne produise rien dans la pièce, elle fait plaisir. (Y.)

y»* «ICQMEOB.

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