ACTE II, SCENE I. ZG
Souverains dans rarmée, et parmi leurs soldats, Font du commandement une douce habitude. Tour qui robéissance est un métier bien rude.
' PRUSIAS
Dis tout, Araspe; dis que le nom de sujet
Réduit toute leur gloire en un rang trop abject * ;
Que, bien que leur naissance au trône les destine,
Si son ordre est trop lent, leur grand cœur s'en mutine >;
Qu'ini père garde trop un bien (|ui leur est dû.
Et qui perd de son prix étant trop attendu ;
Qu'on voit naître de là mille sourdes pratiques
Dans le gros de son peuple, et daris ses domestiques ';
Et que, si Ton ne va jusiprà tr.mcber le cours
De son régne ennuyeux, et de ses tristes jours.
Du moins une insolente et fausse obéissance.
Lui laissant un vain titre, usurpe sa puissance.
ARASPE
C'Cîît ce que de tout autre il laudroit redouter, Seigm*ur, et qu'en tout autre il faudroit arrêter. Mais ce n'est pas pour vous un avis nécessaire; Le prince est vertueux, et vous êtes bon père.
PRUSIAS
Si je n'étois bon père, il seroit criminel * :
dessus des bras. (Y.) — Des cœnrs ne saumient être enflés de bruit : cela est vrai, si l'on prend le mot de bruit dans sa signiflciition la pluii commune ; mais ils peuvent Têlre du bruit de leurs combats, c'est-àdire de la renommée, de la gluire que ces combats leur ont acquise.
1 Qu'est-ce que le rang d'une gloire! On ne réduit pas en, on réduit ù. Presque tout le style de cette pièce est vicieux ; la raison en est que " l'auteur emploie le ton de la conveisatiun familière, dans laquelle on se permet beaucoup d'impropriétés, et souvent des fiolécismes et des barbarismes. Le style de la conversation peut être admis dans une coméuie ht-n ique; mais il faut que ce soit la conversation des Condé, des La Rochefoui-auld, des Retz, des Pascal, des Ârnauid. (Y.)
S L'ordre de qui? de la naissance! Cela ne fait point de sens; et mutine tCeii ni assez fort ni assez relevé. (Y.l
S Ces expressions n'appartiennent qu'au style familier de la comédie.
* On retrouve un peu Corneille dans ce«tc tirade, quoique la même pensée y soit répétte et retournée en plusieurs façons ; ce qui était un
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Il doit son iimoeaiee à rannowr paternel; G*est lui seul qui Texcusc, et «f«l le Justite, Ou lui seul (|iii nue tromfic, el cfui nie sacrifie : Car je dois craindre enfin que sa haute vertu Contre Tambition B^aH en vain eombattn, <}u*il ne force en son cœur la nature à se taire. Qui se lasse d'un roi fient se lasser d*un père ; l^yUe exemples sanglants no»s penrem renseigner : Il n^est rien (pn ne cède à Fardeur de régner; Et depuis qu'une fois elle nous inquiète S La nature est ayeugle, et la vertn muette.
Te le dirai-je, Araspe? il m*a trop bien servi; Augmentant mon pouvoir, il me l'a tout ravi : Il n*est plus mon sujet qu^aulant qu'il le veut être; Et qui me fait régner en effet est mon maître. Pour p )f'otlre à mes yeux, son mérite est trop grand : On u*aime point à voir ceux à qui Ton doit tant. Tout ce qu'il a fak parle a« moment qu'il m*approcke; Et sa seule présence est «n secret reproché : Elle me dit tonjotvs qu'il m'a faii trois Cois roi; Que je tiens pins de kii qu'il ne tiendra de moi; Et que, si je lui laisse un jenr nue couronne. Ma tête en porte trou qne sa valeur me donne. J'eu rougis dans mon ame; et ma confusion, <^ renouvelle et croit à chaque occasion. Sans cesse offire à mes yeox cette vue importune. Que qui m'en donne trois peut bien m'en ôter une; Qull n*a qu'à renireprendre, et peut tout ce qu'il veut. Juge» Araspe, où j'en suis &'il veut tout ce qu'il peu^.
vire comiram en ce temps-M. Mo» i qnoi èon tous ces dlscovist Qiii* ^re«t Pruch»! Bien. Qtvetfc réMintHm preiNi-H avec Araspet Aiica«e. Cetto scèae panitt peu néceanire, ainsi qme «relie A^knïmf el éeu c— fliient^. Bu géaéral, t««1e «Gène entre un ptTsnniiage pimcipat et un conf «kaf est fr<>i4e, i fÊttém iy«e ee penennege n*^ hb aevret iflipovtaat é ceaAtr, m giuid dessein à faife «éiisnr. «se pawio» faiieusc A dévelofiper. {V.)
^ Imçmiiie »*«tt pne le iwrt propre ; éepmH est ici «a cotéciHne : le «ens est, d^s qu'une fois cette passion s'est empnrée de nous, f Y.)
t Ces s»tilbèscscC'cesig«re»deaM>ts, comme on Va>à^tmmniué. ^eiscat ^re ^ica lares. L» wiwirtisUoa Itéroïqoe esdge ^aalwfrs