SCÈNE IV
PRUSIAS, FLAMlNfUS, ARASPE.
FLAMINirS.
Eh quoi! toujours obstacle?
PRUSIAS
De la part d*un amant ce n'est pas grand miracle >. Cet orgueilleux esprit, enflé de ses succès. Pense bien de son cœur nous empêcher Tuccès i ; Mais il faut que chacun suive sa destinée. L'amour entre les rois ne fait pas Thyménée'; Et les raisons d'ÉUtt, plus fortes que ses nœuds, Trouvent bien les moyens d'en éteindre les feux ♦.
1 Toujours obstacle n'est pas français; et grand miracle n'est p,!!v noble, il est du bas comique. (VJ
î On ne dit point empêcher à ; cela n*est pas français. Il nous empêche '/accès de celle maison : nous est là au datiT, c'est un solécisme ; il faut dire : on nous dr/end Vaccès de celte maison, on nous interdit l* accès ; on nous défend, on nous empêche d^entrer. (V.)
3 Ce tour est impropre ; il semble que les rois se marient l'un h rautr«. Ce n'est pas assez qu'on vous entende, il faut qu'on ne piiisFe pas vous entendre autrement. | V.)
* Des raisons d'Élal plus fortes que des nœuds , qui t7 auvent If moyen d'éteindre les feux de ces nœuds II faut renoncer à écrire quand on écrit de ce style. (V.) — Ce style sans doute est vicieux; mai» Voltaire semble prendre plaisir à l'obscurcir encore. Certainement Corneille n'a pu ni voulu dire les /eux de ces nœuds; il a voulu parler des feux de l'amour, qui doivent en effet s'* teindre lorsque l'amour luimême est forcé de céder aux raisons d'État. Le mot amour n est pas assez éloigné pour qu'on puiMe se méprendre au sens de Corneille.