SCÈNE I
P&iJSUS, FUlMINiUS, tAOEOCE.
PRUSIAS
Reine, puisque ce titre a pour vous tant de charmes» Sa perte vous devroit donner quelques alarmes * : Qui tranche trop du roi ne règne pas longtemps'.
LAODICE
J'observerai, seigneur, ces avis importants; El, si jamais je règne, on verra la pratique D'une si salutaire et noble politique.
PtUSIAS.
Vous vous mettez fort mal au chemin de régner '.
LAODICE
Seigneur, si je m'égare, on peut me renseigner.
PKUSIAS.
Vous méprisez trop Rome, et vous devriez faire * Plus d'estime d'un roi qui vous tient lieu de pèce.
LAOItfCE.
Vous verriez qu'à tous deux je rends ce que je dm , Si vous vouliez mieuiL voir ce que c'est qu'être roi.
1 L'auteur n'exprime pas sa pensée; il veut dire, vous devriez craindre de le perdre : mais sa perle signifie qu'elle l'a déjà perdu ; or, une perte donne des regrets, et non des alarmes. (Y.)
t Cette manière de s'exprimer n'appartient plus qu'au comique ; d'ailleurs un roi qui sait gouverner peut trancher du roi et régner longtemps. (V.)
8 Chemin de régner ne peut se dire. Toutes ces façons de parler sont trop basses. (V.)
* Vous devriez /aire à la fin d'un vers, et plus d'estime au commencement de l'autre, est ce qu'on appelle im enjambement vicieux. Cela n'est pas permis dans la poésie héroV>{ue. Nous avons j usqu'ici négligé de remarquer cette faute : le lecteur la remarquera aisément partout où *lle se trouve. Nous avons déjà observé que /aire estime^ /aire pius d'estime, n'est pas français. (V.)