‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 265 sur 377 · I.AODIC · texte numérisé non relu

I.AODIC

Je perdrai mes États, et garderai mon rang ; Et ces vastes malheurs où mon orgueil me jette Me feront votre esclave, et non votre sujette : Ma vie est en vos mains, mais non m^ dignité.

PRUSIAS

Nous ferons bien changer ce courage imdomplé; Et quand vos yeux, frappés de toutes ces misères, Verront Altale assis au trône de vos pères, Alors, peut-être, alors vous le prierez en vain Que pour y remonter il vous donne la main.

LAODtCE.

Si jamais jusque-là votre guerre m'engage, Je serai bien changée et dame et de courage '. Mais peiit-êtie, seigneur, vous n'irez pas si loin : Les dieux de ma fortune auront un peu de soin; Ils vous inspireront, ou trouveront un homnio Contre tant de héros que vous prêtera Rome.

PRUSIAS

Sur un présomptueux vous fondez votre appui ;

ï C'est-à-dire accompagnée d'une armée; mais cette expression, pour vouloir être ironique, ne devient-elle pas comique î (V.)

S Cette scène est une suite de la conversation dans laquelle on a proposé à Laodice la main d'Attale; sans cela, ce long détail de menaces paraîtrait déplacé. Le spectateur ne voit pas comment la princesse peut les mériter; elle vient, par déférence pour le roi, de refuser la visite d'un ambassadeur; il semble que cela ne doit pas engager à dévaster son pays. De pins, le faible Prusias, qui parle tout d'un coup de montagnes de morts à une jeune princesse, ne ressemble-t-il pas trop à ces personnages de c «médie qui tremblent devant les forts, et qui sont hnrdin avec les faibles! | V.)

* Mauvaise façon de parler : ame et courage, pléonasme. (V.

Page 1